l’essentiel
À la galerie Montesquieu d’Agen, le peintre gersois originaire de Marsolan Jean-Guy Sistach présente « Inferno », une exposition puissante mêlant hyperréalisme, références classiques et réflexion sur la condition humaine.

Le peintre marsolanais Jean-Guy Sistach présente « Inferno » à la galerie Montesquieu d’Agen. Il assume une démarche artistique sans concession, refusant de « peindre des fleurettes alors qu’on est en guerre et que le monde est à feu et à sang ». Le tableau phare de l’exposition revisite Le Penseur de Rodin. Jean-Guy Sistach s’interroge sur les pensées qui habitaient le sculpteur. Il établit une filiation avec le tableau de Botticelli « La Divine Comédie ».

Travaillant « très tôt au petit matin », le peintre développe des idées qui donnent naissance à des tableaux frappants. Parmi eux, « la bête humaine », une locomotive qui happe les âmes errant sur les voies, illustre son style hyperréaliste et symbolique. L’exposition explore ces territoires où la beauté côtoie l’horreur, où la grâce se mêle au supplice.

Dans sa relecture du Penseur, Jean-Guy Sistach met en scène Simonetta Vespucci, immortalisée par Botticelli dans La Naissance de Vénus. L’artiste n’hésite pas à bousculer les codes en rendant cette déesse « coquine », tandis que l’infortunée Camille Claudel se traîne en suppliante, à genoux. « C’est ma faute, je l’ai arrachée à son œuvre « L’Âge mûr » », avoue le peintre dans cette relecture audacieuse.

Entre tentations et contemplation

L’exposition tire son sous-titre d’une phrase latine « Averso a Deo Converso ad Creaturas » (Détourné de Dieu, tourné vers les créatures). Bien qu’ayant cessé de croire à 12 ans, Jean-Guy Sistach puise largement dans une culture religieuse et classique qui nourrit son œuvre.

Le peintre assume en effet les clichés sur la religion qu’il revisite, considérant que cette phrase latine « résume un tas de choses » sur l’ambiguïté du Penseur, tiraillé entre l’aspiration spirituelle et les tentations terrestres, entre la contemplation divine et les passions humaines.

Exposition du 5 au 17 janvier, en présence de l’artiste, rue Montesquieu à Agen.