D’une idée lancée dans les années quatre-vingt, à un axe routier livré dans son intégralité en… 2028 ! La Liaison intercantonale d’évitement nord entame l’ultime acte de sa turbulente histoire. Projet décisif face aux terribles embouteillages du nord de Montpellier pour les uns, solution d’un autre temps et menace écologique pour les autres, le “Lien” verra bien le jour dans son intégralité, assure le Département. Une 2×2 voies entre Castries et, bientôt, Bel Air.

En juillet 2024, le Département de l’Hérault mettait en service l’imposant échangeur routier de Saint-Gely-du-Fesc dans sa version définitive. Un ouvrage d’art à 27 millions d’euros en forme d’étape pour le monumental projet de Liaison intercantonale d’évitement nord, plus connu sous son acronyme Lien.

D’une idée lancée dans les années quatre-vingt, à un axe routier livré dans son intégralité en… 2028 !

D’une idée lancée dans les années quatre-vingt, à un axe routier livré dans son intégralité en… 2028 !
MIDI LIBRE – SOPHIE WAUQUIER

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Un programme routier vieux de trente ans qui permet, début 2026, de relier Castries à Saint-Gely-du-Fesc. Et, à terme, d’atteindre Bel Air et l’A750. Mais où en est-on ? « L’attente de nos administrés est forte. On nous interpelle, nous les maires des communes limitrophes, pour savoir ce qu’il se passe sur ce chantier. S’il est arrêté. S’il permettra bientôt de rejoindre l’autoroute. Preuve que le territoire a vraiment besoin du Lien », confie la maire de Saint-Gely, Michèle Lernout.

« L’attente de nos administrés est forte »

« Le chantier n’est pas arrêté. Il avance. Et il va même courir très prochainement ! », répond le vice-président en charge de l’aménagement du territoire, Philippe Vidal. Le Département de l’Hérault vient de signer un marché à 11 millions d’euros visant à créer les cinq derniers ouvrages d’art du tronçon manquant, à l’ouest. Sous la supervision de NGE Génie Civil, le groupement d’entreprises retenu installera son camp de base dès le début du mois de janvier, pour une phase qui doit s’étendre sur les années 2026 et 2027. Une cinquantaine d’ouvriers doivent intervenir simultanément sur le site.

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« L’enjeu de ces ouvrages, dont une partie a déjà été réalisée, c’est de permettre au tracé du Lien d’enjamber certains axes secondaires et des pistes DFCI (Défense de la Forêt contre les Incendies, NDLR) utilisées par les sapeurs-pompiers. Ils servent également à préserver la continuité hydraulique et laisser des passages à la faune sauvage », détaille Guillaume Maver, chargé des opérations. Le passage, bien visible sur les images satellites, est déjà fait au cœur d’une vaste zone boisée qui longe Grabels et Combaillaux. 7,8 km tracés en dehors de tout itinéraire existant, pour connecter l’échangeur de Saint-Gely au giratoire de l’autoroute A750, au niveau de Bel Air.

Fin des travaux en 2028 ?

Le Département devra encore débloquer 30 millions d’euros pour les opérations de terrassement, la pose de l’enrobé et les finitions. Mais le vice-président en charge de l’aménagement du territoire se projette déjà vers la fin des travaux, en 2028. « Il faut absolument finir ce tronçon manquant entre Saint-Gely et Bel Air pour compléter, enfin, cette liaison de contournement nord. L’enjeu, c’est de donner de la fluidité à la circulation et une échappatoire pour éviter aux automobilistes de traverser les villages », détaille Philippe Vidal depuis le pont permettant au Lien de passer La Mosson. Un mastodonte de 73 m et 460 tonnes posé en novembre 2024, à côté duquel se matérialisera bientôt l’échangeur de Grabels/Combaillaux.

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