C’est une loi qui leur reste en travers de la gorge… Alors que le budget de la Sécurité sociale pour 2026 a été définitivement adopté mi-décembre , les médecins libéraux contestent certaines mesures et se sont mis en grève ce lundi en France, à l’appel de leurs syndicats. Président du conseil départemental de l’ordre des médecins, Franck Bresler fait le point, même s’il précise que l’Ordre n’a pas le droit de prendre position…
Comment le mouvement de grève est-il suivi dans le département ?
« On n’a pas de taux de suivi mais le mouvement est moins suivi en Meurthe-et-Moselle que dans d’autres régions. En fait, il y a deux mouvements différents. La médecine générale est en grève depuis ce lundi avec plus de 50 % de grévistes mais la continuité des soins est assurée par des remplaçants ou d’autres collaborateurs des maisons de santé. Il y a également un mouvement des spécialistes qui va s’étaler sur trois jours à partir de lundi prochain. Il concerne les cliniques privées, qui vont du coup reporter le programme opératoire prévu. […] Mais cela ne va pas beaucoup impacter la prise en charge des patients. »
Ces deux catégories ont les mêmes sujets de mécontentement ?
« Les points sont un peu différents. Parmi les revendications des médecins généralistes, il y avait l’obligation de remplir le DMP (NDLR : le dossier médical partagé) mais cette clause a été suspendue par le Conseil constitutionnel. Il y avait également la question des pénalités en cas d’arrêts de travail (excessifs). Ce que les spécialistes dénoncent, c’est notamment la possibilité unilatérale qu’a la CNAM (Caisse nationale d’assurance-maladie) de changer les tarifs des actes. C’était une soi-disant volonté de supprimer le secteur deux, les dépassements d’honoraires, et le secteur trois. »
« Il ne faut pas non plus exagérer le mouvement »
Au final, le budget de la Sécurité sociale a été officiellement adopté. Mais ces mouvements peuvent-ils permettre de faire infléchir le gouvernement sur certains points ?
« La loi a été votée, promulguée, je ne crois pas que cela va changer grand-chose… Certaines mesures ont été retoquées par le Conseil constitutionnel. Et concernant le secteur 2 et 3, Thomas Fâtome, le directeur de la CNAM et Stéphanie Rist (la ministre de la Santé) ont dit qu’ils ne mettraient pas en place de suppression des dépassements d’honoraires. Ces derniers jours, il y a eu un apaisement de la part du gouvernement mais le mouvement de grève était déjà lancé par les syndicats… Mais je rappelle que l’Ordre n’est pas un syndicat. C’est important car on n’a pas le droit de prendre position officiellement, sauf quand il y a une atteinte à la profession médicale. »
Là, ce n’est pas le cas ?
« Non. Le droit est respecté et de notre côté, on vérifie que les médecins remplissent leur devoir de continuité des soins. C’est le rôle des syndicats de faire monter la mayonnaise pour obtenir des résultats mais je rappelle qu’il y a moins de 25 % des médecins qui sont syndiqués. Il ne faut pas non plus exagérer le mouvement (NDLR : la Confédération des syndicats médicaux français annonçait que 85 % de ses adhérents prévoyaient de faire grève). »
La crainte que ce mouvement impacte lourdement la prise en charge des patients n’est donc pas fondée ?
« Dans notre département, il n’y aura pas de problème… »