Le segment des voitures électriques en Allemagne a bondi en 2025, rattrapant un peu du retard accumulé, mais les difficultés restent importantes pour les constructeurs allemands, en crise notamment du fait de la concurrence chinoise. Selon un communiqué de l’agence fédérale de l’automobile KBA publié mardi, 545.000 voitures 100% électriques ont été immatriculées l’an dernier dans la première économie européenne, soit 43,2% de plus qu’en 2024. Ce n’est en réalité qu’un rattrapage pour ce secteur d’avenir de la première industrie nationale, qui retrouve à peu près son niveau de 2023.
«La montée en puissance espérée de l’électromobilité en Allemagne s’avère nettement plus longue et laborieuse que prévu», assure Constantin Gall du cabinet EY, qui déplore une année «globalement décevante». Le pays de l’automobile s’accroche à sa promesse d’atteindre 15 millions de voitures électriques en circulation d’ici 2030, un objectif qui semble irréaliste. Au total, 2,9 millions de voitures neuves ont été immatriculées en Allemagne l’an passé, soit 1,4% de plus qu’en 2024 selon le KBA. Mais le niveau d’avant-Covid reste encore loin, avec un déficit de 750.000 unités par rapport à 2019 selon EY.
En haut du classement du KBA, les véhicules hybrides, avec 1,1 million d’unités et une part de marché de 39,5%, ont détrôné les moteurs à essence. Ceux-ci ont encaissé un recul de leurs immatriculations de 21,6% et la même tendance frappe les véhicules diesel. En 2025, les constructeurs nationaux ont été confrontés à un flot de problèmes : recul de la demande, concurrence accrue des marques chinoises et salve de droits de douane américains. Quant aux perspectives pour 2026, elles sont «mitigées» pour l’électrique selon le cabinet EY, malgré la réintroduction d’une aide publique à l’achat de ce type de véhicules.
Fin décembre, la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates, au pouvoir depuis mai, a annoncé un bonus d’au moins 3.000 euros à l’achat d’hybrides rechargeables et d’électriques pour «les ménages à revenus moyens et faibles» jusque 2029. La disparition abrupte d’un tel dispositif fin 2023 avait provoqué l’effondrement des achats de véhicules électriques en 2024. Volkswagen, BMW et autres «ne profiteront sans doute que de manière limitée» de ce dispositif, craint Constantin Gall.