Petit bureau d’études à sa fondation par Emmanuel Pich en 2005, EP MECA, c’est aujourd’hui une solide PME industrielle de 110 collaborateurs ancrée à Veauche concevant et fabriquant des machines spéciales servant à l’optimisation énergétique. En premier lieu pour le secteur de la pétrochimie même si la tendance est à la diversification. A un fort développement aussi et afin de profiter pleinement des perspectives, entre autres mais en particulier apportées par son nouveau produit « Skid », l’entreprise cherche 10 000 m2 à remplir en Sud Forez. En vain à ce stade…

Seulement bureau d’études à l’origine, EP MECA a rapidement aussi fabriqué ses commandes, installée à Veauche depuis 2008. © XA / If Saint-Etienne

Le « simple » bureau d’études consacré à la réalisation complexe de machines n’est plus. EP MECA, c’est aujourd’hui beaucoup plus que ça : une PME qui certes imagine et conçoit toujours du « spécial » – 11 ingénieurs et techniciens y sont affectés – mais fabrique aussi pour autrui, dotée de son propre parc (36 machines à ce jour). Installée depuis 2008 à Veauche, la société ne cesse de grandir mais a désormais cruellement besoin d’espaces pour faire plus. Parti de zéro, Emmanuel Pich en est le créateur. Il est seul, en effet, quand il se lance en 2005 et se met à travailler pour SNF, dans un 15 m2 de la rue Louis-Antoine Beaunier à Andrézieux-Bouthéon. Cela après seulement 2 ans de salariat chez Mecaconcept (machines spéciales aussi, aujourd’hui à Roche-la-Molière) à l’issue de l’obtention de son brevet de technicien supérieur au lycée Sainte-Barbe à Saint-Etienne.

20 ans ont passé et Emmanuel Pich est aujourd’hui à la tête de 110 salariés (environ 80 en CDI), EP MECA ayant atteint un chiffre d’affaires consolidé – en progression – de près de 15 M€ en 2025 et visant, grâce à un carnet de commandes porté par l’optimisation énergétique (le refroidissement des data centers par exemple), une hausse très forte cette année 2026, soit un CA de 25 M€. Pas le fruit du hasard, celui de l’acharnement, d’une course perpétuelle à l’innovation, à l’équipement et une tendance, croissante aussi, à la diversification : son activité historique est certes très liée à son gigantesque voisin SNF (encore détenteur de 20 % de ses parts) depuis que le groupe a étendu ses activités à la pétrochimie. Un secteur qui représente d’ailleurs encore environ 40 % du chiffre. Cependant, l’entreprise revendique le développent de « compétences diversifiées dans de multiples secteurs d’activités ».

EP MECA a scindé ses activités en 2024

Chimie donc mais aussi – toujours dans le but de mélanger, broyer, homogénéiser des fluides – au service de la « papeterie, des laboratoires, de la mécanique générale, de l’agroalimentaire, des cosmétiques, de la chaudronnerie fine, de la découpe jet d’eau, du fraisage et tournage ». Le nucléaire ? « Un peu aussi », ajoute Emmanuel Pich au regard des forts enjeux nationaux annoncés dans ce secteur dans les années à venir…  Le tout avec la capacité à s’adapter aussi bien aux commandes de petites PME que de grands groupes et à fournir « une offre globale de services : définition du cahier des charges, réalisation et montage, livraison et installation sur site, essais et maintenance ».  A l’automne 2024, la croissance d’EP MECA a poussé Emmanuel Pich à l’organiser autrement en scindant ses activités : à « EP MECA » le bureau d’études, à Global Process la fabrication des machines et pièces d’usinage, et SLM Maintenance pour les opérations de maintenance.

Emmanuel Pich, créateur et dirigeant d’EP MECA. ©XA / If Saint-Etienne

Avec une concurrence au souffle montant de la part de pays qu’il ne convient plus de qualifier d’émergeants, l’entreprise doit sans cesse se mettre à jour, prendre un coup d’avance. Un de ses projets actuels est de développer son activité dite « Skid« , « structure mobile composée d’un châssis supportant un conteneur et pouvant être équipée des éléments industriels » souhaités par le client. SNF est en particulier intéressé pour mieux déployer ses technologies de décarbonation des processus industriels pétroliers. Entre nouvelle ligne de montage et stockage – actuellement sous chapiteaux – avant expédition (investissement retenu par les dispositifs d’aide réindustrialisation de la Région Aura : 200 000 € attendus), EP Meca a cependant besoin de considérablement étendre ses locaux.

Et c’est là qu’un peu plus qu’un grain de sable pourrait ralentir la machine à croître. Car l’entreprise est en quête depuis plus d’un an de ses nouveaux mètres carrés en sud Forez qui ne peuvent pas être réalisés sur son site actuel de Veauche. Pas moins de 10 000 m2 sont désormais nécessaires. La reprise des 5 800 m2 du feu équipementier automobile Anderton Castings à Andrézieux-Bouthéon (liquidée en novembre 2024) et se serait avéré de toute façon insuffisante avec l’évolution, encore à la hausse, des perspectives. Cette évolution doit compter à elle seule pour environ 6 M€ de CA annuels en plus cette année et la titularisation d’une bonne vingtaine d’intérimaires, chaudronniers notamment. Rencontré sur son site par notre rédaction mi-novembre dans le cadre d’une visite de l’exécutif du conseil régional, Emmanuel Pich nous indiquait en être toujours au même stade en ce début d’année.