La start-up montpelliéraine Wheere franchit une étape majeure dans son programme spatial avec le lancement de son premier satellite prévu en octobre 2026. La société, qui développe un système de géolocalisation en intérieur, sera présente au principal salon tech mondial, le CES de Las Vegas, du 6 au 9 janvier.
Wheere développe un système de géolocalisation en basse fréquence capable de pénétrer à l’intérieur des bâtiments, là où le GPS traditionnel ne fonctionne pas. La technologie permet de localiser des objets ou des personnes dans des entrepôts, des parkings souterrains ou des centres commerciaux. Afin de ne plus avoir à déployer d’antennes pour ses missions de géolocalisation interne, la société vise à mettre en orbite une constellation de 300 satellites à l’horizon 2029-2030, pour offrir une couverture mondiale.
La start-up montpelliéraine s’apprête à franchir une étape décisive dans son ambitieux programme spatial. En octobre 2026, elle enverra son premier satellite en orbite, marquant le début d’un projet qui pourrait révolutionner la géolocalisation en intérieur. Un pari technologique à plusieurs dizaines de millions d’euros.
Un premier satellite de test
Le premier satellite, financé dans la précédente levée de fonds de 11 M€ en 2023, coûtera 1,7 M€. « Ce satellite sera en orbite en octobre 2026 » précise Pierre-Arnaud Coquelin, cofondateur de Wheere. Cette phase de validation permettra surtout à l’entreprise d’entrer « dans la famille restreinte des vraies space tech ».
La deuxième phase prévoit le lancement de cinq satellites en vol groupé fin 2027 ou début 2028, pour un budget de 20 M€. « Avec cinq satellites qui passent en même temps, une fois par jour, au-dessus de tout endroit du globe, et ça permet d’avoir une géolocalisation » explique le cofondateur. Cette étape ouvrira un premier marché commercial dans la logistique, avec un service d’inventaire automatique des entrepôts. « Nous pouvons imaginer faire entre 10 et 100 M€ de chiffre d’affaires grâce à ces cinq premiers satellites » estime le dirigeant.
La constellation s’étoffera ensuite progressivement jusqu’à 65 satellites en 2029, offrant un point par heure en tout point du globe. Pour atteindre les 300 satellites nécessaires à une couverture continue, Wheere mise sur des partenariats avec l’Agence spatiale européenne, OneWeb et la DGA. Des discussions sont en cours depuis la conférence interministérielle de l’ESA de novembre dernier.
Direction Las Vegas pour le CES

L’avancée de la miniaturisation du module de Wheere.
DR – DR
Parallèlement au programme spatial, la start-up travaille sur la miniaturisation de son récepteur. L’actuel module de 2 cm sur 3 cm sera transformé en puce ASIC de 8 mm sur 8 mm d’ici 2027. « Le module actuel nous coûte environ 30 €. L’ASIC devrait nous coûter 50 centimes » précise le cofondateur. Un manager recruté début janvier pilotera ce programme doté d’un budget de 4,5 M€ sur deux ans.
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Cette miniaturisation vise deux objectifs : augmenter les volumes auprès des grands industriels et intégrer la technologie dans les smartphones, voitures et objets connectés entre 2029 et 2030. La start-up, récemment sélectionnée dans le classement « French Tech 2030 », fait partie de la délégation française au CES 2026, plus grand salon mondial de la tech, de Las Vegas du 6 au 9 janvier. Elle finalise actuellement une importante levée de fonds, dont le montant n’a pas été dévoilé, prévue pour le premier trimestre 2026.
L’Occitanie au CES de Las Vegas
Wheere faitpzrtie de la délégation des start-up françaises accompagnées par l’organisme gouvernemental Business France au salon tech CES de Las Vegas. Cette sélection, forte d’un total de 110 start-up (même nombre que l’an dernier), inclut également la région.
Cinq sociétés basées en Occitanie sont ainsi incluses : Skyted, qui a mis au point un casque réducteur du volume de la parole pour assurer la confidentialité des messages des travaillleurs les plus nomades, Cryosocks/Freecovery,, qui produit un bandage connecté pour les sportifs produisant du froid et facilitant la régénération des muscles, ainsi que les montpelliéraines Yellow Scan (solutions de cartographie adaptables sur des drones) Wheere, ainsi que Vaonis, qui remporte au CES son quatrième Innovation Award, avec le télescope connecté Hyperia.