Plus fort qu’« Avatar » ! Alors que partout dans le monde, le troisième volet de la saga de James Cameron affiche un phénoménal début de carrière, totalisant déjà un milliard de dollars de recettes, une comédie italienne peut se targuer de faire encore mieux au box-office national. « Buen Camino », sorti le 25 décembre, a en effet rassemblé 6,59 millions de spectateurs dans les salles transalpines en seulement onze jours, quand le blockbuster américain, plus sombre que les précédents opus, n’en avait réuni « que » 2,23 millions en dix-neuf jours d’exploitation.
Le long-métrage réalisé par Gennaro Nunziante raconte les mésaventures d’un riche héritier inculte contraint d’abandonner son train de vie luxueux pour retrouver sa fille adolescente… sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Sur l’affiche, ils semblent plutôt mal assortis : lui, vêtu d’un impeccable costume bleu électrique et d’élégants mocassins ; elle, sac de baroudeuse sur le dos, short en jeans déchiré et chaussures de marche aux pieds. Au terme du voyage, père et fille auront surmonté bien des défis et découvert, ensemble, des valeurs importantes.
« Il capte l’air du temps »
Le comédien Checco Zalone, qui a coécrit le scénario, n’est pas étranger à ce succès, loin s’en faut. Révélé en Italie par ses chansons parodiques, le quadragénaire est régulièrement à l’affiche de comédies dans lequel il incarne un beauf qui fait hurler de rire les Italiens. De son vrai nom Luca Medici, l’humoriste travaille souvent avec Gennaro Nunziante. En 2016, il tenait notamment le rôle principal de « Quo vado ? », long-métrage dont Jérôme Commandeur a signé le remake français « Irréductible ».« Checco, c’est un phénomène en Italie, appuie Franco, 78 ans, originaire de Modène, dans le centre du pays. Ses films sont ceux qui font le plus recette dans le pays. Il est très drôle. Ses personnages sont des Italiens typiques. Il se moque de tout le monde, la droite, la gauche, avec beaucoup d’intelligence. »
Ses chiffres sont éloquents : « Tolo tolo », sorti en 2020, a réuni 6,67 millions de spectateurs avant que les salles ne ferment avec le confinement. Sept ans plus tôt, « Sole a catinelle » faisait trembler le box-office avec ses 8,5 millions de tickets vendus. « Comme beaucoup d’Italiens, je suis allé au cinéma en me disant Checco a toujours fait des films formidables, allons voir, poursuit cet ancien industriel. Je ne m’attendais pas à aimer autant. Comme c’est son cinquième, on connaît son humour maintenant. Mais celui-ci est plus percutant. »
Son point fort ? « Il capte l’air du temps, estime encore Franco Manelli. Dans Buen Camino, il parle aussi de spiritualité, à travers le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En Italie, de plus en plus de jeunes se rapprochent de ça. »