Nagui a répondu aux accusations du député UDR Charles Alloncle. Agissant comme rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le député de la 9e circonscription de l’Hérault s’en est pris à l’animateur de La Bande originale sur France Inter le mois dernier dans l’émission Les incorrectibles, affirmant « au conditionnel » et sans fournir de preuves que l’animateur est « la personne qui s’est le plus enrichie sur les dix dernières années sur l’argent public en France » et qu’il aurait empoché « plusieurs centaines de millions d’euros ».

En réponse, Nagui a publié hier sur Instagram un long message revenant sur ces propos. « Je me permets de vous écrire et surtout je me permets cette familiarité car il me semble, à lire et suivre vos déclarations, que j’occupe une place toute particulière dans votre coeur», a-t-il lancé, plein d’ironie. « Je me suis demandé si vous maniiez avec talent et intelligence une forme d’humour, de dérision pamphlétaire ou si vous restiez au premier degré ? »

Règlement de comptes

L’animateur a ensuite rappelé au proche d’Éric Ciotti et de Jordan Bardella son parcours au sein du service public depuis les années 1980 et ses « quelques dérapages dans le privé ». « Aujourd’hui, je suis salarié dans le public (France Inter) et dans le privé (Banijay) mais cela vous le savez, puisque je hante votre esprit, devrais-je dire « nourris vos fantasmes » pour être juste ? », a-t-il poursuivi, notant au passage que Charles Alloncle avait organisé une « levée de fonds de près de 50 millions d’euros avec une nouvelle banque en ligne « BLANK » il y a 6 ans ». « Je sais très bien que ces 50 millions d’euros ne sont pas tombés dans votre poche et ici je n’emploie plus le conditionnel », a-t-il ajouté.

Le présentateur de N’oubliez pas les paroles ! a dressé un tableau détaillé de ses activités, alors qu’il est aussi actionnaire d’Air Productions, la société de production qu’il a fondée en 1993 et revendue dans les années 2000 à Banijay Group. « Je ne suis pas salarié de France Télévisions, vous le savez », a-t-il ainsi rectifié. « J’emploie des centaines de personnes qui fournissent un travail exemplaire qui, à moindre coût, rapporte de l’audience, donc de l’argent au service public. Mes jeux permettent au service public de gagner de l’argent, on pourrait même conclure que je rapporte de l’argent « aux contribuables ». »

Mais alors, quel est le « moteur » de Charles Alloncle contre Nagui, qui s’est aussi bien amusé, en « bon fils de professeur de français », de l’emploi présumé du conditionnel par le député ? « Serait-ce (encore du conditionnel) une volonté de déclencher l’ire populiste, vu le nombre de messages de haine reçus que vos déclarations ont engendré ? », s’est demandé l’animateur, avant de conclure, plus ferme : « Si tel est le cas, je vous proposerais (que de conditionnel décidément) de nous retrouver face à un tribunal, non plus celui des réseaux sociaux, ni celui des médias d’opinion, non, un tribunal, un vrai. »