Alors que l’on espérait une accalmie, l’année s’achève sur un nouveau record historique des défaillances en France : 68.500. Les secteurs des transports et de l’entreposage sont particulièrement touchés.
L’accalmie n’a pas eu lieu. En 2025, une fois encore, le nombre de défaillances d’entreprises a bondi pour atteindre 68.500, selon les données publiées par Allianz Trade ce mardi 6 janvier. Un «record historique», indique l’assureur-crédit, avec des chiffres en hausse de 3,4% par rapport à l’année précédente où l’on avait dénombré 66.240 cas de faillites. L’année qui s’est achevée a donc été une période noire en la matière, avec une accélération de 23% des difficultés par rapport à la période avant Covid.
68.000 faillites d’entreprises en un an : comment expliquer cette déferlante ?
Après trois années de rattrapage des faillites évitées durant la pandémie, grâce aux aides pour faire face à la crise sanitaire, nombre d’observateurs espéraient une stabilisation en 2025. En vain. Dans un contexte mondial complexe – les défaillances ont augmenté de 6% à l’échelle planétaire -, et dans une France marquée par une crise politique durable, les entreprises ont été nombreuses à rencontrer des difficultés dans presque tous les secteurs, certains ayant été particulièrement à la peine. Ainsi du secteur du transport et de l’entreposage qui subit une explosion des faillites de 61% par rapport à sa moyenne entre 2010 et 2019, de l’information et la communication où les défaillances accélèrent de 42%, ou encore du commerce automobile (+ 40%) et de l’hôtellerie-restauration (+34%).
«Un plateau haut»
Si les petites structures sont en général les plus vulnérables, cette année, les grandes entreprises n’ont pas été épargnées. Les défaillances de groupes de plus de 33 milliards d’euros de chiffres d’affaires ont augmenté de 40% au-delà de la moyenne entre 2006 et 2024. L’Association pour la gestion du régime de garantie des créances salariales (AGS) – qui protège les salariés lors de la défaillance de leur entreprise – confirme d’ailleurs la tendance. Elle a accompagné quelque 250.000 bénéficiaires pour un montant total avancé de plus de 2,2 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 5% par rapport à 2024.
Pourquoi plus de la moitié des entrepreneurs ne se versent pas de salaire
Compte tenu du contexte, Maxime Lemerle, responsable des recherches défaillances chez Allianz Trade, s’avoue pessimiste. «2026 ne s’annonce guère plus clémente: croissance molle, instabilité politique et fiscale persistante, conditions de financement dégradées, tensions géopolitiques, guerre commerciale et réorganisation des chaînes d’approvisionnement vont avoir un réel impact sur les entreprises et leur trésorerie», prévoit l’expert qui espère tout de même «une légère baisse de -2,5% des défaillances à un plateau haut avec 66.700». «Dans un contexte marqué par la hausse des coûts, la fragmentation des marchés et l’intensification de la concurrence, les défaillances devraient rester durablement élevées», anticipe-t-il.
De quoi alarmer un monde patronal déjà très inquiet, alors que les débats budgétaires qui ont fait la part belle aux hausses de fiscalité – notamment pour les entreprises – devraient reprendre ce jeudi 8 janvier à l’Assemblée nationale.