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Après plusieurs jours de rumeurs et de remous internes, Liam Rosenior a finalement quitté le Racing Club de Strasbourg pour rejoindre Chelsea ce 6 janvier, à l’issue d’une dernière conférence de presse.
Enfin, on peut passer à autre chose. Si le sentiment ne sera pas partagé par l’ensemble des supporters/rices du Racing Club de Strasbourg, l’annonce du départ de Liam Rosenior ce 6 janvier peut presque être vécue comme un soulagement.
Car le Racing et ses supporters/rices ont passé cinq longs jours dans la lessiveuse médiatique, déclenchée après le départ d’Enzo Maresca de Chelsea le 1er janvier… Très vite suivis par la rumeur, et la prise de conscience, que l’entraîneur du Racing allait bientôt devenir celui du « grand frère » londonien. Au moins, depuis ce 6 janvier 9h30, le club est fixé : il fera sa deuxième partie de saison sans l’architecte de sa belle saison dernière.
© Nicolas Kaspar / Pokaa
Il est temps de dire au revoir
Ne souhaitant sans doute pas que les fans du Racing pensent qu’il ait pu filer à l’anglaise, Liam Rosenior s’est présenté en conférence de presse ce 6 janvier pour annoncer son départ.
Confirmant qu’il y a un accord verbal avec Chelsea et que tout sera officiel dans les prochaines heures, il a tout de même avoué qu’il a voulu cette conférence de presse. Non seulement pour pouvoir dire au revoir, mais aussi pour répondre aux questions avant de tourner la page.
À l’heure d’aujourd’hui, les choses sont en bonne voie pour que je devienne le manager de Chelsea.
Liam Rosenior, ex-coach de Strasbourg
Dans son style positif habituel, alignant les « outstanding » [remarquable, ndlr] à la pelle, il rappelle sa fierté du travail réalisé : « Personne ne peut remettre en cause mon attachement, mon travail, et mon intégrité. Maintenant il est temps de tourner la page. » Il rappelle les offres qu’il a reçues de plusieurs clubs, dont certains en Ligue des champions.
Il explique ensuite les raisons de son départ : « Je ne pouvais pas dire non à ce moment de ma vie. Il y a des opportunités qui ne se refusent pas. Ça me donne la chance de retourner chez moi, de revoir mes enfants. »
© Nicolas Kaspar / Pokaa
Le reste
Sur la question du timing, plutôt catastrophique, de perdre son coach à la mi-saison, Liam Rosenior se veut positif : « Les gens disent aujourd’hui que c’est un mauvais timing, mais j’espère que dans six mois, les gens se diront que peut-être que c’était la meilleure chose qui puisse arriver à ce club. » Quant à la remarque de si c’est respectueux de quitter un club à ce moment-là, Liam Rosenior répond : « C’est le business du foot. » Difficile malheureusement de lui donner tord, et d’en être ravi.
Quant à la grogne des supporters/rices, là encore, il espère qu’ils et elles ne lui en voudront pas : « La réalité du football, c’est que Strasbourg n’est pas au niveau de Chelsea, et il y a certains clubs qu’on ne peut pas refuser. Peut-être qu’ils verront ça comme une fierté qu’un entraîneur de Strasbourg puisse aller à Chelsea. »
Non, le Racing ne travaille pas pour un autre club.
Liam Rosenior, ex-coach de Strasbourg
Il affirme que Strasbourg n’est pas au service de Chelsea, et que le club est en train de grandir. Il affirme aussi que le futur lui prouvera raison. Pour conclure, il dit que Chelsea a le potentiel d’attirer n’importe quel entraîneur, et le fait qu’il choisisse le coach de Strasbourg doit être pris comme un exemple de l’ambition de la capitale alsacienne. Pas sûr du tout que ce soit pris comme ça. Surtout que, contrairement à ce qui a été annoncé de partout, Rosenior a rendu public son départ alors que le Racing n’a pas encore trouvé son nouvel entraîneur. Énième exemple de manque de considération.
Bref, on n’a pas appris grand-chose lors de cette conférence de presse, mais cela a permis à Liam Rosenior de dire au revoir avant de reprendre son avion vers Londres. Quant au reste, ce qui a marqué, c’est la présence de Marc Keller dans l’arrière-plan, en train de regarder son entraîneur dire au revoir, passif, sans rien pouvoir y faire. Comme un symbole assez éloquent d’un futur plus qu’incertain pour un projet strasbourgeois qui tangue sérieusement avec le départ de l’entraîneur du Racing pour le club au-dessus de lui.