Le célèbre système de consigne allemand est-il en péril ? C’est en tout cas ce que laisse entendre Die Zeit. Et la hausse des prix y serait pour quelque chose. Outre-Rhin, “presque tout a augmenté ces dernières années : le coût de l’alimentation, les factures d’électricité, les loyers”. Tout, sauf le prix de la consigne des bouteilles en verre, qui s’élève généralement à 8 centimes d’euro pour une bouteille de 50 centilitres. Une somme qui s’ajoute au prix de la boisson achetée par le consommateur, et qu’il récupère sous forme de bon d’achat ou d’espèces quand il dépose la bouteille dans une machine de déconsignation.

Ces 8 centimes d’euro correspondent grosso modo au prix pratiqué dans les années 1960, avant que la vente de boissons consignées ne devienne obligatoire outre-Rhin.

Pour l’hebdomadaire de gauche, un tarif aussi bas met en danger le dispositif, comme le montre l’exemple de Fritz-Kola. “Le producteur de soda, originaire de Hambourg, manque de plus en plus souvent de bouteilles en verre, car les clients ne les rapportent visiblement plus en magasin.”

En 2025, seules 83 % des bouteilles de 33 centilitres vendues par l’entreprise ont été ramenées par des clients, beaucoup ne voyant pas l’intérêt de se déplacer pour un montant aussi maigre que celui de la consigne. “La somme est tellement dérisoire que même ceux qui ramassaient les bouteilles [dans les poubelles] pour se faire un peu d’argent ne semblent plus s’y intéresser.”

“La génération Z aime les canettes”

“Ce matériau autrefois valorisé risque de se transformer en simple contenant sans aucune valeur”, se désole le journal. Il précise que les bouteilles en plastique et les canettes ne sont pas concernées par ce phénomène, car la consigne qui leur est associée est plus élevée – en moyenne 25 centimes d’euro. Et que “la génération Z aime les canettes”, qu’elle considère comme extrêmement pratiques. Problème : leur recyclage est bien plus énergivore que la réutilisation de contenants en verre.

Dans ce contexte, certaines entreprises appellent à un rééquilibrage du prix des bouteilles en verre. “Avec un montant plus élevé, nous dépasserions sans doute largement les 90 % de taux de récupération”, assure Mirco Wolf Wiegert, patron de Fritz-Kola.

Mais une telle mesure est loin de faire l’unanimité, notamment parce que sa mise en place se révélerait complexe. “L’augmentation soudaine du montant de la consigne mettrait en difficulté les petites brasseries, analyse la Zeit. Car des clients ayant payé 8 centimes d’euro de consigne par bouteille pourraient exiger le remboursement d’un montant supérieur lors du retour en magasin.”