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Plusieurs salariés d’une entreprise de bardage travaillent, depuis deux jours, à l’extérieur d’un bâtiment en construction dans le quartier des Pradettes à Toulouse. L’un d’entre eux dénonce des « conditions inacceptables avec un tel froid ».

Des robinets de toilettes gelés, une salle de repos avec un seul radiateur d’appoint, à l’extérieur d’une résidence en construction dans le quartier des Pradettes à Toulouse une brouette qui sert de brasero, un petit coin de réconfort par moins 7 degrés Celsius, le seul dont disposent actuellement plusieurs salariés d’une entreprise de bardage.

« Ce n’est pas humain… »

« On travaille dans des conditions qui ne sont pas humaines, explique l’un des employés qui s’exprime anonymement. On a les toilettes qui sont bouchées à cause du gel, on n’a pas d’eau. Quand on va dans la salle préfabriquée pour la pause, il y a un petit radiateur qui ne chauffe pas, il n’est pas assez puissant. On est là provisoirement. On est obligés de faire du feu dehors pour se réchauffer. »

« On ne peut pas se réchauffer, même un quart d’heure »

Malgré ses rappels auprès de ses supérieurs, le salarié ne voit rien venir, mais les températures négatives sont bien réelles. « J’ai prévenu mon responsable qui a prévu le coordinateur du chantier, mais rien n’est fait. On manque aussi d’électricité, on est obligé d’amener une rallonge. On a du mal à travailler avec le froid, pour les mains aussi c’est dur. Sur moi, j’ai deux blousons, une polaire, un tee-shirt, un sweat, malgré cela je n’arrive pas à me réchauffer toute la journée, ne serait-ce qu’un quart d’heure. »

Une législation en vigueur pour le BTP

Une législation est pourtant en vigueur pour les travailleurs du BTP qui exercent par grand froid. Selon l’article R. 4223-15 du Code du travail, l’employeur doit prendre « toutes dispositions nécessaires » pour protéger les travailleurs contre le froid et les intempéries. Cela inclut l’évaluation des risques, l’aménagement des postes et l’organisation du travail avec, notamment, des pauses plus fréquentes. Si un salarié estime que ses conditions de travail présentent « un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé (risque d’hypothermie, chute liée au verglas sans protection adéquate, etc.), il peut exercer son droit de retrait.