Par

Antoine Blanchet

Publié le

6 janv. 2026 à 18h04

Côté pile, Carlos G., un ancien stewart de 38 ans sans histoires. Côté face, un adepte du darknet attiré par les images pédopornographiques les plus insoutenables. Entre 2021 et 2022, le prévenu jugé ce lundi 5 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris a consulté des clichés sur lesquels des enfants de quelques mois étaient victimes de viols et d’agressions sexuelles.

« C’était une période sombre »

Si les visionnages se sont stoppés en 2022, un signalement du FBI a permis aux autorités de retrouver le prévenu et de l’interpeller durant l’été 2025. Le voici donc face aux juges, tentant de justifier les raisons de ces visionnages sordides. « C’était une période sombre, qui est derrière moi », bafouille le trentenaire. Il évoque une absence de vie intime avec son conjoint comme catalyseur de ses pulsions pédophiles. Aujourd’hui, Carlos G. l’assure, ses penchants illégaux ont pris fin avec le retour des étreintes conjugales. Aujourd’hui, il est suivi par un psychothérapeute et a une bonne situation professionnelle.

« Un mineur, il ne peut pas consentir »

Ces raisons semblent un peu légères pour le président, qui relit l’ensemble des messages glaçants postés par l’intéressé sur une messagerie cryptée connue pour les échanges de contenus frauduleux. « J’adore le viol et la reproduction. Je regarde du porno extrême avec des bébés et jeunes adultes », déclare-t-il à son interlocuteur. « Parfait. C’est génial », s’enthousiasme-t-il après avoir reçu les photos.

« Vous ne dites pas juste oui. Vous répondez des choses précises et violentes », analyse le magistrat.

« D’accord oui », bafouille le prévenu.

S’ensuit alors un sermon du juge au trentenaire sur les conséquences de ces images immondes.

« C’est quoi la matière première de ces photos ? Qu’est-ce qu’on leur fait ? », lance le juge.

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« Des choses pas légales », reconnaît Carlos G. dans un rire gêné.

« En fait un mineur, il ne peut pas consentir. C’est ce que j’aurais aimé que vous me disiez. Peut-être un jour, on reconnaîtra le visionnage comme complicité de viol. Vous entendez ça ? », lui rétorque le président pédagogue. « Selon une étude canadienne, 35 % des enfants abusés sont reconnus tout au long de leur vie alors même qu’ils sont adultes », poursuit-il.

Trois ans de prison requis

La procureure n’est pas non plus convaincue des justifications du prévenu. « Ce qu’on pourrait attendre d’un homme qui est dans l’abandon et la tristesse dans son couple, c’est à la limite de l’infidélité. Monsieur G. il a choisi autre chose. Il a choisi de détenir des images d’un mineur », déclare la magistrate. Selon elle, le prévenu minimise. « Ce qui m’inquiète, c’est cette absence de réflexion. Il n’arrive pas à dire que ce qu’il y a sur ces images, ce sont des viols », poursuit la représentante du ministère public. Elle demande trois ans de prison avec sursis probatoire de deux ans.

À la défense, on tente d’adoucir le glaive judiciaire. Le coeur de la plaidoirie : les dates. « Les visionnages s’arrêtent en 2022. On vient le chercher trois ans après. On exploite son ordinateur et il n’y a plus rien. Ce qui me fait dire avec une certitude absolue qu’il s’est arrêté tout seul », affirme l’avocate du prévenu. Le casier judiciaire vierge et la situation professionnelle de Carlos G. sont aussi brandis par la pénaliste. La stratégie paie. Le tribunal condamne le trentenaire à 18 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans. Le prévenu devra suivre des soins psychologiques et travailler pour ne pas finir en détention. Il est aussi interdit d’exercer une activité avec des mineurs pendant 10 ans.

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