Moscou suit la situation autour du pétrolier « Bella-1 », renommé « Marinera », qui navigue désormais sous pavillon russe Le pétrolier « Bella-1 » dans le détroit de Singapour, le 18 mars 2025. Le pétrolier « Bella-1 » dans le détroit de Singapour, le 18 mars 2025. HAKON RIMMEREID / HAKON RIMMEREID VIA REUTERS

La Russie suit avec inquiétude la « “situation anormale” entourant le pétrolier russe Marinera, auquel les forces armées des Etats-Unis et de l’OTAN accorderaient une attention accrue et manifestement disproportionnée par rapport à son statut pacifique », a déclaré le ministère des affaires étrangères russe à l’agence de presse officielle TASS. Selon le ministère, un navire des gardes-côtes américains suit le Marinera depuis plusieurs jours déjà, alors que le bâtiment se trouve à environ 4 000 kilomètres des côtes américaines. Il se trouve dans l’Atlantique Nord, cap au nord-est, non loin des côtes britanniques.

A la fin de décembre, les gardes-côtes américains poursuivaient dans les Caraïbes le navire alors identifié comme le pétrolier Bella-1, qui fait partie de la flotte fantôme russe, sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens avec l’Iran et le Hezbollah, qui s’approchait du Venezuela, dans le cadre du blocus mis en place par Washington contre les pétroliers liés au régime de Nicolas Maduro. Depuis qu’il a rebroussé chemin, l’équipage du pétrolier a peint un drapeau russe sur sa coque et a affirmé naviguer sous protection russe.

CBS News puis CNN ont rapporté, lundi, que les forces américaines se préparaient à intercepter ce pétrolier battant pavillon russe en fuite. Le pétrolier a été récemment surveillé par des avions de reconnaissance américains P-8 opérant du Royaume-Uni. Des données de vol en sources ouvertes montrent un renforcement notable des moyens militaires américains au Royaume-Uni, avec l’arrivée de nombreux avions de transport, de ravitailleurs en vol, d’hélicoptères des forces spéciales et d’avions de combat.

Washington pourrait de nouveau recourir à des forces spéciales pour appuyer les gardes-côtes américains, comme lors de l’interception d’un pétrolier sous sanctions au large du Venezuela en décembre. Toutefois, une telle opération dans l’Atlantique Nord serait plus complexe en raison des conditions météorologiques difficiles et du fait que la Russie revendique la propriété du navire.