Les membres de la Fédération départementale des chasseurs de l’Hérault se sont réunis lundi 5 janvier au siège, à Saint-Jean-de-Védas, à l’occasion des vœux 2026. Son président, Max Alliès, a dressé un bilan de l’année 2025, marquée par des enjeux sanitaires, agricoles et réglementaires.

La chasse dans l’Hérault fait face à des défis sanitaires et réglementaires. Lundi 5 janvier, devant les élus et partenaires présents, le président, Max Alliès a fait un état des lieux des enjeux.

Selon une étude menée en 2023 par le RANDEA pour la Fédération nationale des chasseurs (FNC), la France compte 963 571 titulaires du permis de chasse. Parmi eux, 42 % ont moins de 55 ans et seulement 3,3 % sont des femmes. Dans l’Hérault, la proportion de chasseuses reste encore faible : 2 %, soit 157 femmes recensées en 2023, d’après la Fédération départementale.

Après avoir salué les élus et représentants présents, Max Alliès a rendu hommage à François Rio, maire de Saint-Jean-de-Védas, décédé en décembre. Le président a également tenu à exprimer son soutien au monde agricole, évoquant notamment la crise de la dermatose nodulaire : « Nous avons eu une réunion avec la Chambre d’agriculture. J’aimerais avoir une pensée pour les agriculteurs et la gestion de la dermatose nodulaire. »

Vigilance face aux maladies animales

Plusieurs maladies ont été au cœur des préoccupations. Le président a appelé à la prudence face à la grippe aviaire, qui peut toucher les oiseaux sauvages, mais aussi à la peste porcine africaine, récemment détectée en Catalogne, à seulement 90 km de la frontière française. La maladie d’Aujeszky, dangereuse pour les chiens de chasse, reste également surveillée, avec des foyers recensés en France.

Les relations entre chasseurs et agriculteurs ont aussi été abordées, notamment à la suite des élections à la Chambre d’agriculture, dont Raymond Llorens est le représentant. Max Alliès a salué l’action de François-Xavier Lauch, ancien préfet, qui présidait la Commission départementale de la chasse.

La question du financement des dégâts

Parmi les évolutions notables figure l’extension de la période durant laquelle le sanglier est classé nuisible, permettant des tirs dans les semis en avril et mai. « La problématique des sangliers s’installe désormais surtout dans les villes », souligne le président.

Il a également rappelé la demande de modification de la loi de 1968, qui impose aux chasseurs de financer les dégâts de gibier. « Aujourd’hui, il y a moins de chasseurs, donc moins de recettes, mais davantage de gibier et de dégâts. » Concernant le petit gibier, Max Alliès est revenu sur le dispositif d’éco-contribution mis en place en 2019 : « Pour 5 euros versés par les chasseurs, l’État en ajoute 10 pour financer des actions en faveur de la biodiversité. » Des partenariats ont également été engagés pour récupérer l’eau gaspillée, tandis que la question de l’équarrissage des sangliers reste sensible. « Nous allons être équipés de deux chambres froides », détaille Max Alliès.

Les problématiques qui ont marqué l’année ont été évoquées devant les membres de la Fédération.

Les problématiques qui ont marqué l’année ont été évoquées devant les membres de la Fédération.
Midi Libre – JEAN MICHEL MART

Cohabitation des usages et prévention des risques

La chasse, pratiquée à la fois en milieu agricole et forestier, implique une cohabitation avec l’ensemble des acteurs du monde rural. À l’issue d’échanges avec la préfecture, la possibilité de tirs de nuit reste envisageable en cas de dégâts importants. Le schéma départemental de gestion cynégétique, signé le 21 mai, est valable pour six ans. Il prévoit notamment une amende de 135 euros en cas de chasse sans signe distinctif visible. Les incendies ayant ravagé 17 000 hectares dans l’Aude ont également été évoqués. « Ce qui s’est passé dans l’Aude pourrait se produire dans notre département », a alerté le président.

Max Alliès a rappelé que l’Office français de la biodiversité a contrôlé 10 000 chasseurs en 2025, avec seulement 2 % d’infractions constatées. Deux accidents de chasse ont néanmoins marqué l’année. La formation décennale obligatoire se poursuit, avec 4 200 chasseurs déjà formés.