Les alliés de Kiev ont annoncé mardi à Paris une série de « garanties de sécurité robustes » pour l’Ukraine lorsqu’un cessez-le-feu sera annoncé. Ces garanties, validées dans une déclaration commune des 35 pays de la « Coalition des volontaires » (les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, du Canada, de l’Otan et de l’UE), doivent protéger l’Ukraine contre une nouvelle attaque de la Russie, que Kiev perçoit comme certaine.
Parmi les garanties, une déclaration d’intention conjointe sur « le déploiement d’une force multinationale » en Ukraine. Cette force, formée par les pays volontaires de la coalition, sera menée par les Européens et « soutenue » par les États-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française. Emmanuel Macron a déclaré sur France 2 que dans ce cadre, « plusieurs milliers » de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine.
Ce déploiement devra apporter « une forme de réassurance, le jour d’après le cessez-le-feu », a détaillé Emmanuel Macron, saluant une « avancée considérable ». Cette déclaration « reconnaît pour la première fois » une « convergence opérationnelle » entre cette coalition, l’Ukraine et les États-Unis. Le mécanisme de surveillance d’un cessez-le-feu serait d’ailleurs placé « sous leadership américain ».
Zelensky se félicite de « documents substantiels »
Autre garantie, des dispositifs « de solidarité et d’intervention » en cas de nouvelle attaque russe sont également prévus, sans que l’on sache précisément à quel niveau les Américains s’impliqueraient dans cette hypothèse.
Volodymyr Zelensky a salué l’élaboration de « documents substantiels » sur les garanties de sécurité occidentales, tout en notant que plusieurs questions restaient ouvertes. Comme celle, ultrasensible, des concessions territoriales exigées par Moscou. Les garanties de sécurité sont « en grande partie finalisées » et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, « ce sera définitivement », a pour sa part indiqué Steve Witkoff.
Encore faut-il un cessez-le-feu
Cette déclaration d’intention et la mise en oeuvre de ces garanties sont néanmoins suspendues à la fin des hostilités via un accord de paix ou un cessez-le-feu. « Nous voudrions tous des mesures beaucoup plus concrètes (…), mais cela requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l’agresseur russe également », avait souligné le Premier ministre polonais Donald Tusk, alors que le Kremlin s’est systématiquement opposé à tout déploiement militaire occidental en Ukraine.
Les contours opérationnels de la « force multinationale » restent d’ailleurs encore flous, d’autant que certains pays ont maintenu une certaine prudence sur leur contribution. Comme l’Italie, qui a réitéré mardi son refus d’envoyer des soldats en Ukraine, ou encore l’Allemagne, dont les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, mais seulement dans un pays membre de l’Otan, voisin de l’Ukraine, selon le chancelier Friedrich Merz.
« Nous devrons sûrement faire des compromis » pour atteindre la paix en Ukraine, a déclaré Friedrich Merz mardi. Côté français, Emmanuel Macron pourrait en dire davantage jeudi lorsqu’il recevra la classe politique pour faire le point.
L’ombre du Groenland et du Venezuela
L’opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump appelant à une main mise américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, ont aussi été au menu de la journée, même si les dirigeants européens ont évité de répondre aux questions des journalistes sur le sujet en présence des émissaires américains.
Nouvelle manifestation du jeu d’équilibriste diplomatique auquel ils s’astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain. « Il n’y a pas pour moi de scénario où les États-Unis d’Amérique seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise » au Groenland, a affirmé mardi Emmanuel Macron sur France 2. « Le Groenland est un territoire qui est sous souveraineté danoise, ça restera. »
Le Groenland et le gouvernement danois ont appelé mardi à des pourparlers rapides avec les États-Unis.