Depuis la mi-décembre, l’activité grippale poursuit sa progression aussi bien en ville, qu’à l’hôpital, dans toutes les classes d’âge et dans l’ensemble des régions françaises. Hexagone et Outre-mer sont désormais en situation épidémique, à l’exception de La Réunion, déjà touchée par une première vague et aujourd’hui menacée par une reprise.
La Guadeloupe est en situation épidémique depuis trois semaines. Il s’agit principalement de la grippe A, notamment du variant K du virus H3N2, connu pour sa forte capacité de transmission.
Une circulation virale est attendue dans un contexte de faible couverture vaccinale, rappelle le Dr Bruno Jarrige, directeur médical de crise au CHU de Guadeloupe.
« Comme tous les ans, la grippe est arrivée comme prévu, avec un impact qui s’annonce important, comme l’année dernière, puisque notre population est très peu vaccinée. »
Dr Bruno Jarrige, directeur médical de crise au CHU de Guadeloupe
Les cas sont de plus en plus nombreux depuis le début du mois de décembre, et le début d’année s’annonce difficile, insiste le soignant.
« Je pense que janvier et février vont être compliqués, comme l’année dernière, avec un impact significatif sur la prise en charge des patients. »
Dr Bruno Jarrige, directeur médical de crise au CHU de Guadeloupe
Face à l’augmentation constante du nombre de patients grippés, l’hôpital a dû s’adapter. « Le flux des patients grippés est de plus en plus important depuis le début du mois de décembre » a constaté le Dr Jarrige. Pour y faire face, le CHU a renforcé ses effectifs médicaux, notamment au niveau des urgences.
« Nous avons renforcé la présence des médecins aux urgences. Il y a des médecins supplémentaires par rapport aux périodes habituelles pour prendre en charge ces patients de plus en plus nombreux. »
Dr Bruno Jarrige, directeur médical de crise au CHU de Guadeloupe
La pression hospitalière se fait également sentir sur les capacités d’accueil. Le nombre de lits a été augmenté dans certains services. Une anticipation qui concerne aussi les soins critiques : « Nous avons préparé la réouverture de la réanimation mise en place à l’époque du Covid, au niveau de l’ancien self, afin d’être prêts à accueillir des lits de réanimation. »
Depuis le début du mois de décembre, la situation est déjà préoccupante. « Plus de vingt patients guadeloupéens grippés ont été admis en réanimation », souligne le Dr Bruno Jarrige.
À ce stade, le CHU de la Guadeloupe n’est pas encore passé en plan blanc. Le plan de mise en tension reste activé, le plan blanc constituant l’étape suivante si la situation venait à se dégrader.
Autre pathologie sous surveillance en ce tout début d’année 2026, la gastro-entérite. En France hexagonale, lors de la dernière semaine de 2025, le taux d’incidence des cas de diarrhée aiguë observés en médecine générale, était en baisse par rapport à la semaine précédente et restait inférieur aux niveaux habituellement enregistrés à cette période.Toutefois, la situation peut évoluer rapidement. Trois régions se distinguent actuellement : le Grand Est, l’Occitanie et la Bretagne. À ce stade, aucune donnée n’est encore disponible pour les Antilles-Guyane.