En fin de saison dernière, vous quittiez Dinan Sport Cycling pour rejoindre le VC Rouen : comment avez-vous abordé cette saison ?

J’avais des attentes un peu plus élevées qu’à Dinan, mais ça ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu. Le début de saison n’était pas top, j’avais été blessé en janvier. Normalement, ça aurait dû revenir plus tôt, mais ça ne s’est pas vraiment débloqué. Je me sentais moins libre dans ma façon de courir. Il y a pas mal de petits détails qui ont fait que je ne me suis pas épanoui comme à Dinan, et ça a joué sur mes résultats toute la saison, même si j’ai quand même réussi à gagner au Tour de Bretagne.

Vous aviez ciblé cette course ?

Oui, le Tour de Bretagne, c’est toujours coché. J’avais aussi ciblé le championnat de France. Je m’étais fixé moins de courses, mais des objectifs plus importants. Ça a marché pour le Tour de Bretagne, mais j’aurais aimé être plus présent sur les autres.

Après le Tour de Bretagne, on vous a peu vu sur les courses. Etait-ce dû à un coup de moins bien ?

Même pas. Après le Tour de Bretagne, j’étais super en forme. Mais je n’ai quasiment pas couru pendant un mois, peut-être une seule course. Forcément, ça limite les occasions de s’exprimer.

C’était un choix du club ?

Oui. Il y avait un gros effectif. Et sur cette période-là, il n’y avait pas tant de courses que ça. Par exemple, après le Tour de Bretagne, il y avait l’Essor Breton, mais pas tout l’enchaînement des courses comme les autres années. C’est pourtant une période où je performe souvent bien. Là, je n’avais pas de course.

Avez-vous quand même senti une progression par rapport aux saisons précédentes ?

En termes de données de puissance, oui, je me suis amélioré. Mais dans la façon de courir, non. Je n’arrivais pas à courir comme je voulais, à courir à l’instinct comme avant, comme quand j’avais 20 ans. L’équipe était très forte, et je n’arrivais pas à trouver ma place dans le collectif.

Pendant deux étés (2023 et 2024), vous étiez stagiaire chez Cofidis : comment cela s’est fait ?

Après la saison 2023, où je n’avais pas signé, ce n’était pas du tout prévu de revenir en 2024. Ça s’est fait au dernier moment, après le championnat de France. Je pense qu’ils me suivaient de loin, mais sans que je le sache. Il n’y avait rien d’anticipé.

Il faut que je prenne du plaisir et ça passe par la victoire.

Qu’est-ce que vous retenez de ces expériences en WorldTour ?

C’est une super expérience. Découvrir les plus belles courses, les classes 1, courir à l’étranger… C’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire autrement. Après, arriver en août comme stagiaire, ce n’est pas simple. Ce n’est pas la même chose que de préparer une saison complète comme les pros, avec des stages dès l’hiver. Tout arrive d’un coup, sur une période très courte.

Le fait de ne pas décrocher de contrat pro à l’issue de ces stages, ça a été difficile à encaisser ?

La première année, un peu. La deuxième, moins. Ce n’est jamais agréable, mais j’ai toujours réussi à me remobiliser l’hiver pour repartir gagner des courses. Je n’ai jamais su pourquoi je n’étais pas conservé, même si je pense que leurs attentes étaient plus élevées, peut-être en termes de niveau ou de résultats, mais je n’ai pas eu d’explications précises.

En fin de saison, vous avez fait le choix de changer d’équipe et de revenir en Bretagne : pourquoi ?

Pour retrouver du plaisir, comme à Dinan. Courir davantage en Bretagne, avec peut-être plus de courses. Le calendrier sera un peu plus limité, sans Coupe de France N1 ni vraiment de classe 2, mais mon objectif, c’est de gagner de belles courses et de me faire plaisir.

Vous aviez besoin d’un cadre plus adapté à votre profil ?

Oui, un peu. Même si l’équipe ne sera pas faible pour autant. Il y a des coureurs solides, un collectif intéressant, nous aurons de belles cartes à jouer. Mais pour moi, il faut que je prenne du plaisir et ça passe par la victoire. Si je gagne, le plaisir revient.

Avez-vous toujours le souhait de rejoindre les rangs professionnels ?

Honnêtement, avec la conjoncture actuelle, le principal reste de gagner des courses. L’échelon professionnel, vu la situation, ce n’est pas la meilleure période à mon âge pour passer pro. Il ne faut pas se faire de faux espoirs.