Le président des Etats-Unis, Donald Trump, à Washington, le 6 janvier 2026. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, à Washington, le 6 janvier 2026. EVAN VUCCI / AP

Donald Trump et son équipe « discutent de plusieurs options » pour obtenir le Groenland, « et bien sûr utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition » du président, a déclaré, mardi 6 janvier, sa porte-parole, Karoline Leavitt.

Le président américain « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les Etats-Unis, et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a-t-elle fait savoir dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP).

Le ton très déterminé de la Maison Blanche tranche avec les appels au dialogue, teintés d’alarme, venus d’Europe et du Groenland face aux revendications venues de Washington. Le Groenland et le gouvernement danois ont appelé mardi à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des « malentendus », après le renouvellement des revendications d’annexion de l’île arctique, territoire autonome danois, exprimées par Donald Trump.

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Nuuk et Copenhague contestent en particulier l’argument récurrent de Donald Trump selon lequel il lui faudrait agir contre l’omniprésence de la Chine au Groenland. « Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois », a déclaré le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, reprochant par ailleurs au président américain d’avoir une « mauvaise lecture » quand ce dernier émet des doutes quant à la capacité du Danemark à assurer la sécurité de l’île.

« Nous veillons sur le royaume », a insisté M. Løkke, ajoutant qu’il n’était pas utile de « dramatiser » les choses. Le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces douze derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros).

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Solidarité de l’Europe

Mardi, dans la soirée, le président français, Emmanuel Macron a dit ne pas imaginer les Etats-Unis « violer la souveraineté danoise ». « Il n’y a pas, pour moi, de scénario où les Etats-Unis seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise. Cela n’existe pas », a-t-il affirmé sur France 2. « Je ne peux pas croire qu’ils trahissent leurs engagements sur le Groenland. Le Groenland est un territoire sous souveraineté danoise et il le restera », a-t-il insisté.

Le Danemark – Groenland compris – est membre de l’OTAN, et une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », notamment l’ordre de sécurité mondial établi à la fin de la seconde guerre mondiale, a estimé la première ministre danoise. « Il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark (…) mais bien avec l’Europe toute entière », a-t-elle déclaré à la télévision DR.

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Plus tôt, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni avaient, dans une déclaration commune, apporté leur soutien au Danemark. « Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland », ont déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume fait « partie » de l’OTAN comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés à Copenhague par un accord de défense. Les ministres des affaires étrangères nordiques ont émis un communiqué commun reprenant cette même idée de souveraineté.

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Appel au « respect »

Plusieurs fois, le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle, a dit ne pas être à vendre et décider seul de son avenir. A maintes reprises ces derniers jours, Donald Trump et son entourage ont répété, à la presse et sur les réseaux sociaux, leur intention de faire passer l’immense île arctique de 57 000 habitants sous drapeau américain.

L’envoyé spécial pour le Groenland, Jeff Landry, nommé fin décembre, a cherché mardi à calmer le jeu. Selon lui, le président américain n’envisage pas d’utiliser la force pour prendre le contrôle du Groenland. « Je ne crois pas que ce soit de cela qu’il parle », a-t-il dit à la télévision américaine CNBC.

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A Nuuk, le chef du gouvernement groenlandais a invité « les Etats-Unis à engager un dialogue respectueux par les voies diplomatiques et politiques appropriées et à recourir aux enceintes déjà existantes, fondées sur des accords qui existent déjà », après avoir exhorté la veille à ne pas céder à la « panique ».

A travers la capitale, les Groenlandais estimaient que les commentaires de Donald Trump n’étaient « pas acceptables dans un monde civilisé ». « Nous demandons du respect pour notre pays et notre peuple. Nous sommes ouverts aux affaires et aux relations, mais uniquement sur la base du respect mutuel », a souligné le directeur de l’Association des entreprises du Groenland, Christian Keldsen.

Le Monde avec AFP

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