« Nous n’avons pas grand-chose à voler au Méliès sinon des baisers volés chers à Truffaut ». C’est avec une référence au long-métrage réalisé en 1968 par une figure majeure de la Nouvelle vague que le Méliès Saint-François a appris la nouvelle a ses abonnés mardi : l’établissement a été victime d’une tentative de cambriolage lundi soir.
Sauf que ce « pas grand-chose », à savoir, une caisse de solidarité, est lourd de symboles pour un cinéma qui propose à ses clients d’aider ceux qui ne peuvent pas s’offrir des séances de 7 e Art sur grand écran.
2 000 « tickets suspendus » écoulés chaque année
Le larcin a été stoppé juste à temps : « Lundi, vers 22 heures, alors que le Méliès Saint-François était fermé, comme tous les lundis, quatre individus ont forcé trois portes de l’établissement, explique Paul-Marie Claret, directeur des cinémas Méliès Jean-Jaurès et Saint-François à Saint-Étienne. L’alarme ne s’est pas déclenchée et un voisin a appelé la police ». Sur place, les forces de l’ordre auraient arrêté quatre individus : « On ne l’a appris que le lendemain matin (mardi) à 9 heures, au moment de l’ouverture. Par chance, il n’y a pas eu de dégradations sur les récents travaux (NDLR : le cinéma de la rue de la Valse a subi un lifting cet été). »
Les cambrioleurs auraient pu repartir avec les 34 euros que contenait la caisse qui a été restituée à l’établissement par les enquêteurs. Pour rappel, cette caisse, posée sur le comptoir, permet aux clients de déposer de l’argent servant à acheter des tickets aux personnes aux revenus modestes : « Soit les clients laissent leur carte d’abonnement sur laquelle il reste une place ou deux, soit ils mettent le reste de leur monnaie. Par exemple, sur une place à 9,50 euros, ils laissent les 50 centimes… », rappelle Paul-Marie Claret. Ces « tickets suspendus » représentent chaque année 2 000 places au Méliès : « Ce week-end, avec le froid, il y a eu beaucoup plus de personnes que d’habitude qui en ont profité. »