Après 60 ans, ce signe discret peut trahir un cancer
silencieux

Passé le cap des 60 ans, beaucoup attribuent
des changements corporels à « l’âge qui avance ». Le problème, c’est
que certaines alertes traduisent une maladie qui progresse
à bas bruit
. Douleur thoracique soudaine, essoufflement
inhabituel, palpitations ou malaise imposent une évaluation rapide
pour écarter un trouble cardiaque ou respiratoire. Dans ce paysage
de signaux à ne jamais banaliser, un indice en particulier intrigue
les médecins par sa fréquence et sa discrétion.

Le Pr Éric Boulanger insiste aussi sur les signes neurologiques
: « Les troubles neurologiques sont également à prendre très au
sérieux : faiblesse d »un bras ou d’une jambe, troubles de la
parole, troubles visuels soudains ou maux de tête inhabituels
peuvent annoncer un accident vasculaire cérébral », avertit le Pr
Éric Boulanger, gériatre et spécialiste de la médecine du
vieillissement au CHU de Lille, cité par le Journal des Femmes.
Autre fragilité fréquente, la presbyacousie : « Si elle ne revêt pas
de caractère d’urgence, elle ne doit pas être négligée car, en
l’absence de correction, elle peut entraîner un isolement social,
une perte d’autonomie, des troubles de la mémoire et un risque
accru de dépression. Aujourd’hui, une prise en charge adaptée
(appareillage auditif, conseils d’hygiène auditive, suivi ORL)
améliore nettement la qualité de vie et réduit les complications
cognitives », poursuit le spécialiste.

Perte de poids involontaire : quand s’alarmer et pourquoi
consulter

Le signe qui ressort le plus, c’est la perte de poids
involontaire
. Elle survient sans régime, sans changement
d’activité, parfois vécue à tort comme une bonne nouvelle. « Une
perte de plus de 5 % du poids corporel en moins de
douze mois est considérée comme significative.
Cette situation peut avoir de multiples origines : une pathologie
chronique comme l’insuffisance cardiaque, pulmonaire ou rénale, un
trouble endocrinien tel que l’hyperthyroïdie, une maladie digestive
responsable de malabsorption, ou encore un trouble psychique comme
la dépression », explique le Pr Boulanger.

Dans la démarche médicale, les praticiens cherchent en priorité
à écarter un cancer silencieux. Car
l’amaigrissement peut être le premier signe visible d’une maladie
évolutive, bien avant tout autre symptôme. Un contrôle clinique
oriente rapidement les examens utiles pour identifier la cause et
organiser la prise en charge. « C’est pourquoi ce symptôme ne doit
jamais être négligé », rappelle le spécialiste.

Pourquoi l’amaigrissement précède souvent les autres signes du
cancer

Dans de nombreux cas, l’amaigrissement apparaît avant même que
la maladie ne se manifeste ailleurs. Cette perte peut s’accompagner
d’éléments qui doivent alerter : fatigue
persistante
, fièvre inexpliquée, sueurs nocturnes,
douleurs, toux prolongée, saignements ou
ganglions anormaux. L’association de ces
symptômes associés avec une fonte pondérale non
intentionnelle change la donne et accélère la recherche d’une cause
précise.

La clé reste la précocité. Un diagnostic posé sans tarder
augmente les chances d’un traitement mis en place au bon moment et
réduit les complications. « À cet âge, il est essentiel de ne pas
minimiser ce signal d’alarme », rappelle le Pr Boulanger. Cette
réactivité offre souvent plus d’options thérapeutiques et aide à
préserver l’autonomie.

Que faire face à une perte de poids
inexpliquée après 60 ans ?

D’abord, vérifier qu’il s’agit bien d’une perte non
intentionnelle : pas de changement d’alimentation, pas de hausse
d’activité. Noter la chronologie, l’ampleur estimée, l’appétit, la
présence de fièvre, de douleurs ou de toux qui traîne. Les proches
jouent un rôle utile s’ils repèrent des vêtements qui flottent ou
une silhouette qui s’affine. Le but n’est pas d’angoisser, mais
d’objectiver le signal pour en parler clairement avec son
médecin.

Ensuite, prendre rendez-vous sans attendre pour un bilan
complet
. Le médecin évaluera l’état général, les
antécédents, les traitements en cours et orientera rapidement les
examens adaptés. Un avis précoce permet d’identifier la cause,
d’exclure en priorité un cancer et de lancer la prise en charge la
plus pertinente. C’est simple, mais décisif : ce réflexe de
diagnostic précoce peut réellement faire la
différence.