Après le décès du maire François Rio, le conseil municipal de Saint-Jean-de-Védas, que l’on annonçait consensuel, a viré au chaos. Une candidature surprise au sein même de la majorité a provoqué une élection tendue, des accusations virulentes et une séance houleuse, laissant élus et habitants abasourdis.
À la suite du décès du maire François Rio, le conseil municipal de Saint-Jean-de-Védas qui s’est tenu ce lundi 5 janvier à 17 h, débuta sur un mode très consensuel devant un parterre bien rempli de Védasiens. Tous les opposants, Véronique Fabry, Richard Plautin, Vincent Boisseau, Emmanuelle Mysona et Patrick Hivin souhaitèrent, « malgré les dissensions et divergences passées » mais « dans un esprit de continuité jusqu’aux élections » que le prochain maire ainsi que l’adjoint soient issus du groupe de François Rio comptant 6 élus. Tout semblait donc présager une suite sans difficulté.
La séance part à vau-l’eau
Et là, surprise ! Deux candidats de la liste de François Rio, se présentèrent, Christophe Van Leynseele, premier et seul adjoint, et Mireille Passerat de la Chapelle, déléguée à l’environnement. Un coup de tonnerre faisant surgir une lutte fratricide qui vit, par bulletins secrets, l’élection de Mireille Passerat de la Chapelle, 16 voix contre 14 pour et 1 blanc. Revêtant l’écharpe elle remercia les élus et déclara vouloir s’inscrire dans la continuité de François Rio.
Suivit la détermination du nombre d’adjoints, les élus d’opposition plaidant « la continuité de la décision prise en janvier 2025, à savoir un seul adjoint ». Une proposition finalement votée à l’unanimité. Restait à élire un adjoint. « Choisissez-le dans votre groupe », déclarait Léa Bruel à l’adresse de la nouvelle édile, les autres opposants faisant chorus. Christophe Van Leynseele, lèvres serrées, intervint alors et, refusant le poste, se livra à une charge virulente contre la nouvelle élue, « elle ne m’a averti de sa candidature qu’aujourd’hui à 16 h 30 » mais aussi contre les élus d’opposition les accusant de « complot politique » et les qualifiant d’épithètes peu flatteuses.
Une séance « lunaire » qui laisse les habitants sidérés
Réactions très sèches de Véronique Fabry puis de Léa Bruel qui, rappelant « on a voté à bulletin secret, un peu de dignité », dénonça « un conseil sombrant dans la médiocrité ». Le ton monta rapidement, la maire, confie : « Je ne m’attendais pas à être élue, je suis troublée et un peu perdue », ayant alors beaucoup de mal à diriger les débats qui suivirent et à appliquer le protocole. Au final l’opposant Patrick Hivin tonna : « Arrêtez ces invectives et votons. »
Henri Fontvieille se proposa déclarant « bien que dans l’opposition je veux aider la mairie à fonctionner pendant 2 mois et demi » tout en précisant « je ne me représenterai pas ». Il fut finalement élu, 11 voix pour, 18 blancs et 2 voix pour Jacques Bruguière. Dans la foulée les élus confirmèrent, sur demande de l’opposition, que les délégations au maire seraient reconduites a minima comme précédemment. À la sortie, les Védasiens présents se déclaraient « abasourdis » voire « sidérés » par le déroulé du conseil, d’autres ajoutant : « On n’a pas les mots. » Et l’un d’eux de conclure : « C’est lunaire. »
Correspondant Midi Libre : 06 22 59 83 96