Emmanuel Macron a de son côté déclaré ne pas imaginer les États-Unis «violer la souveraineté danoise», alors que plusieurs pays européens ont publié une déclaration commune mardi pour apporter leur soutien au Danemark.
Donald Trump étudie «plusieurs options» pour acquérir le Groenland, y compris «utiliser l’armée», a déclaré sa porte-parole mardi, de quoi attiser encore l’inquiétude en Europe sur le sort de l’île arctique, territoire autonome danois.
Le président américain «a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique. Le président et son équipe discutent de plusieurs options pour remplir cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef», a-t-elle fait savoir dans une déclaration transmise à l’AFP.
Le président français Emmanuel Macron a dit ne pas imaginer les États-Unis «violer la souveraineté danoise» alors que la France et plusieurs pays européens ont publié une déclaration commune mardi pour apporter leur soutien au pays dirigé par Mette Frederiksen. Une rencontre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio a par ailleurs été sollicitée par le Groenland et le Danemark afin de «dissiper certains malentendus» selon le chef de la diplomatie danoise Lars Løkke Rasmussen.
Le Groenland n’est-il vraiment défendu que par des traîneaux à chiens, comme le prétend Donald Trump ?
«Nous veillons sur le royaume»
Ce dernier a par ailleurs indiqué qu’une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait «la fin de tout», notamment l’ordre de sécurité mondial établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark (…) mais bien avec l’Europe tout entière», a prévenu la première ministre danoise à la télévision DR.
Nuuk et Copenhague contestent en particulier l’argument récurrent de Donald Trump selon lequel il lui faudrait agir contre l’omniprésence de la Chine au Groenland. «Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois», a poursuivi Lars Løkke Rasmussen, reprochant par ailleurs au président américain d’avoir une «mauvaise lecture» quand ce dernier émet des doutes quant à la capacité du Danemark à assurer la sécurité de l’île.
«Nous veillons sur le royaume», a insisté Lars Løkke, ajoutant qu’il n’était pas utile de «dramatiser» les choses. Le pays scandinave a fortement investi dans la sécurité arctique ces douze derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros).
Le prix d’achat potentiel n’a pas été communiqué
Parmi les autres options discutées par le locataire de la Maison-Blanche figurent l’achat du territoire au Danemark ou la conclusion d’un Pacte de libre association avec l’île, selon un haut responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat cité par Reuters. Un tel accord mettrait un frein à l’ambition de Trump de faire de cette île de 57.000 habitants une partie intégrante des États-Unis. Le prix d’achat potentiel n’a pas été communiqué.
«La diplomatie est toujours la première option du président, quel que soit le sujet, et il adore conclure des accords. Donc, si un accord avantageux peut être conclu pour acquérir le Groenland, ce serait certainement sa première réaction», a déclaré le responsable, qui précise que Trump est impatient d’un accord malgré les objections des dirigeants de l’Otan.
Les responsables de l’administration affirment que l’île est cruciale pour les États-Unis en raison de ses gisements de minéraux ayant d’importantes applications dans les domaines de la haute technologie et de l’armée. Ces ressources restent inexploitées en raison de la pénurie de main-d’œuvre, du manque d’infrastructures et d’autres défis.