Publié le
6 janv. 2026 à 17h43
Ils ont promis de « paralyser Toulouse ». Les agriculteurs se sont donné rendez-vous dans la Ville rose ce mercredi 7 janvier 2026, pour une nouvelle journée de protestation, organisée à l’initiative des quatre principales organisations syndicales (Coordination rurale, Confédération paysanne, FDSEA et Jeunes agriculteurs), mais sans les Ultras de l’A64, l’association localement aux commandes de la Chambre d’agriculture. Et si les services de l’État entendent leur barrer la route, en prohibant depuis lundi les déplacements de tracteurs et engins agricoles, mais aussi désormais en interdisant purement et simplement la manifestation dans la capitale occitane, les intéressés n’entendent pas tourner les talons… Ce qu’il faut savoir sur l’événement.
« Une action le matin de bonne heure », annonce Maxime Raud
« Toulouse, on arrive ! » scande Maxime Raud, joint par Actu Toulouse ce mardi. Le président de la Coordination rurale en Haute-Garonne dépeint un événement d’ampleur dans les rues de la Ville rose. « On va aller dans la gueule du loup, on verra bien ! » Avec ou sans tracteur ? « Surprise », évacue-t-il, avant de promettre « une action le matin de bonne heure ».
« Bien sûr qu’on va sortir les tracteurs », lance Rémy Vilches
Les arrêtés préfectoraux ne font pas peur aux agriculteurs. « Bien sûr qu’on va sortir les tracteurs », lance de son côté Rémy Vilches, administrateur des JA de la Haute-Garonne. « On verra bien où on peut aller, mais on aura les bennes pleines et même avec un peu de lisier… », claironne-t-il. L’agriculteur installé à Juzet-de-Luchon annonce la couleur :
On sera dans la rue jusqu’à ce qu’on ait gain de cause.
Rémy Vilches
Administraeur des JA de la Haute-Garonne
« Nous maintenons bien évidemment notre participation à la mobilisation », corrobore Jonathan Kirchner, secrétaire général de la Confédération paysanne 31, qui espérait en début d’après-midi ce mardi que le préfet revienne sur sa décision avant la manifestation.
La préfecture… interdit toute manif !
Loin de revenir sur son premier arrêté – qui interdit le déplacement des tracteurs sur toutes les routes du département -, le préfet Pierre-André Durand en a pris ce mardi après-midi un nouveau… qui interdit purement et simplement la manifestation des agriculteurs ce mercredi à Toulouse.
Délai dépassé, soutient la préfecture
« La déclaration de rassemblement doit être faite au moins trois jours francs avant la date de l’événement », invoque la préfecture de la Haute-Garonne. « Cela n’a pas été respecté, puisque la déclaration a eu lieu ce jour [mardi, NDLR] pour une manifestation prévue le lendemain, mercredi 7 janvier 2026 », poursuit-elle, estimant que c’est trop juste pour « prendre les mesures de sécurité adéquates permettant sa tenue dans le respect de l’ordre public ». Les services de l’État promettent « des contraventions de quatrième classe » aux participants, et une sanction pénale allant jusqu’à « six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende » aux organisateurs.
Votre région, votre actu !
Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.
Si elle interdit de séjour les agriculteurs à Toulouse, la préfecture autorise les forces de l’ordre à avoir recours à des drones pour surveiller la situation, autour d’une dizaine d’axes routiers (D632, D817, D820, D813, RN224, D3, D15, D4, D820, D2, D14, D112, D826 et D888) et ce jusqu’au jeudi 8 à 23h59.
Où vont se rassembler les agriculteurs ?
« Les bennes seront chargées », confirme l’intersyndicale agricole dans un communiqué, voyant dans cette manifestation « le symbole d’une colère profonde, légitime et incontrôlable ». La FDSEA de la Haute-Garonne annonce de son côté que de nombreux départs sont prévus depuis plusieurs secteurs du département :
- Villefranche-de-Lauragais
- Cintegabelle – Pinsaguel
- Capens
- Rieumes
- RN124
- Merville
- Muret
- Proximité d’Eurocentre
- A68 (direction d’Albi)
Cliquez ici pour visualiser le contenu
Digne d’une « petite dictature » pour la Coordination rurale
Ce nouveau coup de force du préfet ne fait que renforcer la détermination des agriculteurs. « On est capable de prendre un arrêté pour ça, mais on n’est pas capable de prendre un arrêté pour interdire l’abattage des vaches… », fulmine Maxime Raud, pour qui c’est digne d’une « petite dictature ».
« Où est passé le droit à la manifestation », s’interroge la CR31 dans un post Facebook : « Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est qu’ils alimentent davantage la colère en voulant nous empêcher de manifester », écrit ce syndicat, qui réitère :
Demain [mercredi, NDLR] on sera là. Cela fait un mois qu’on manifeste notre colère et que rien ne bouge, mais il y a un point positif : on a réussi à s’unir ensemble (les quatre syndicats en Haute-Garonne), du jamais vu !
La coordination rurale de Haute-Garonne
« Malgré des manœuvres pour nous diviser on garde le cap », conclut la CR31.
Ce que réclament les agriculteurs en colère
Parmi leurs revendications, ces agriculteurs en colère réclament « l’arrêt des décisions administratives absurdes, notamment sur la DNC, qui condamnent nos élevages par l’abattage total », ainsi qu’un « refus clair des distorsions de concurrence » incarnées par le Mercosur. Ils demandent aussi « le maintien du budget de la PAC », et « une reconnaissance des spécificités du territoire régional », avec « un véritable plan pour l’Occitanie », et un « développement urgent du stockage de l’eau ».
Dénonçant « normes déconnectées, calculs technocratiques et discours creux », l’intersyndicale promet que, faute d’écoute, « la mobilisation s’intensifiera et s’inscrira dans la durée », car « les agriculteurs de Haute-Garonne refusent de mourir en silence ».
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.