Donald Trump étudie « plusieurs options », y compris « utiliser l’armée » au Groenland, indique ce lardi 6 janvier sa porte-parole.

JIM WATSON / AFP

Donald Trump étudie « plusieurs options », y compris « utiliser l’armée » au Groenland, indique ce lardi 6 janvier sa porte-parole.

Une déclaration qui jette de l’huile sur le feu. Alors que Donald Trump ne cache plus du tout son empressement de s’emparer du Groenland, sa porte-parole Karoline Leavitt a déclaré que le président américain et son équipe « discutent de plusieurs options », dont celle d’« utiliser l’armée américaine » pour annexer l’île arctique.

Le président américain « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a débuté Karoline Leavitt. Et de poursuivre dans une déclaration transmise à l’AFP : « bien sûr, utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef ».

Cette prise de parole intervient alors que le Groenland et le gouvernement danois ont appelé mardi à des pourparlers rapides avec les États-Unis pour dissiper des « malentendus ».

Rencontre réclamée d’urgence avec Marco Rubio

Nuuk et Copenhague ont ainsi réclamé une rencontre avec le secrétaire d’État américain pour « discuter des déclarations marquantes des États-Unis concernant le Groenland », a écrit sur Facebook la cheffe de la diplomatie groenlandaise Vivian Motzfeldt. Son homologue danois Lars Løkke Rasmussen a précisé que la demande avait été faite lundi.

Cette réunion devrait être la première du gouvernement groenlandais avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, Lars Løkke Rasmussen l’ayant lui déjà rencontré en tête à tête à deux reprises.

L’idée avancée par Donald Trump de l’omniprésence de la Chine au Groenland compte parmi les incompréhensions à éclaircir. « Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois », a dit le ministre danois à la sortie d’une réunion avec la commission parlementaire des affaires étrangères sur la relation entre le royaume du Danemark – qui rassemble le Danemark métropolitain, les îles Féroé et le Groenland – et les États-Unis.

Le président américain émet aussi des doutes quant à la capacité du Danemark à assurer la sécurité du Groenland, ce qui « repose sur une mauvaise lecture ». « Nous veillons sur le royaume », a insisté Lars Løkke Rasmussen, ajoutant qu’il n’était pas utile de « dramatiser » les choses. Le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces douze derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros).

Solidarité de l’Europe

Mardi dans la soirée, le président français Emmanuel Macron a dit ne pas imaginer les États-Unis « violer la souveraineté danoise ».

Plus tôt dans la journée, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni avaient dans une déclaration commune apporté leur soutien au Danemark face aux revendications de Donald Trump sur le Groenland.

À Paris, où elle a participé à un sommet des alliés de l’Ukraine, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s’est félicitée de cette démonstration de solidarité. « Cela contribue en tout cas à souligner qu’il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark (…) mais bien avec l’Europe toute entière », a-t-elle dit à la télévision DR. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a lui aussi remercié les dirigeants européens de leur « soutien sans ambiguïté ».

Le Danemark – Groenland compris – est membre de l’Otan et une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », notamment l’ordre de sécurité mondial établi à la fin de la Deuxième guerre mondiale, a rappelé la Première ministre danoise.