Difficultés économiques, soupçons de fraude, plainte pour viol… Il en est fini de Capricci. Les frères Lounas, Thierry et Farid, qui pariaient en 1999 sur la production de films de qualité en province, voient leur aventure s’arrêter brutalement. Le milieu du cinéma a connu, certes, une année difficile, noire », disait Farid Lounas, le dirigeant de Capricci, avec le report notamment de plusieurs longs-métrages. Mais cela ne suffit pas à expliquer la chute de la société, celle du magazine Sofilm et de FTL Communication, chargée de postproduction. Les trois entités ont été placées en liquidation judiciaire en décembre. Une dizaine de salariés sont impactés, principalement à Paris.
Capricci (556 000 € de chiffres d’affaires en 2023 et un résultat tout juste positif) a produit de nombreux films. « Vincent doit mourir » , sorti en 2023, en partie tourné dans le Pays de Retz (Loire-Atlantique), a été épinglé l’an dernier par le Centre national du cinéma (CNC). Après plusieurs mois de contrôle des finances du film, qui a coûté environ quatre millions d’euros, le CNC a soupçonné des abus de biens sociaux.
Il l’a signalé au parquet de Nantes (Loire-Atlantique) qui décidera de suites à donner. Le CNC a aussi saisi la commission de contrôle de la réglementation, qui peut sanctionner, retirer des aides ou demander le remboursement de ce qui a déjà été perçu. La Région des Pays de la Loire, qui avait apporté une subvention de 100 000 € pour ce long-métrage, a annoncé qu’elle retirait son soutien à Capricci.
Quid du festival du film ?
Le cofondateur de Capricci, Thierry Lounas, écarté depuis, est aussi visé par une plainte pour viol pour des faits qui remonteraient à 2010. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bordeaux (Gironde). Une dizaine de femmes l’accuseraient, lui et sa compagne, de violences sexuelles et de harcèlement.
On peut donc s’interroger sérieusement sur la survie du festival de cinéma Sofilm Summercamp, créé aussi par les deux frères, qui se déroule chaque année depuis 2015, en juin, avec des projections sous les nefs de l’île de Nantes. On sait déjà que la Ville de Nantes et la Métropole ne subventionneront plus l’association. Ce qu’a confirmé Aymeric Seassau, élu nantais en charge de la culture. L’an dernier, elles avaient apporté, respectivement, 40 000 € et 45 000 €. Le dirigeant n’a pas répondu à nos sollicitations.