Le site nantais de l’École nationale de supérieure maritime forme des ingénieurs spécialisés dans les aspects techniques, scientifiques et de gestion liés aux navires et aux infrastructures maritimes. Débouché naturel du cursus ingénieur de l’ENSM entamé à Marseille pour la spécialité génie maritime, il est également accessible par de nombreuses autres voies.

L’ENSM de Nantes a intégré ses nouveaux locaux lors de la rentrée 2023, au sein du Campus de l’École Centrale. Soit deux écoles d’ingénieur avec une forte coloration maritime pour Centrale et sa formation de génie océanique, et une spécialisation en génie maritime pour l’ENSM. « Nous partageons les locaux et développons des synergies pour mutualiser les équipements pédagogiques et les ressources humaines, tout en gardant notre identité ENSM », explique à Mer et Marine Pascal Leblond, qui dirige le site nantais. 

 

 

Cette spécialité en génie maritime de l’ENSM est l’un des deux débouchés de son cursus ingénieur en cinq ans. Les trois premières années se déroulent sur le site de Marseille, et les deux suivantes au Havre pour les étudiants intéressés par une carrière navigante, ou à Nantes pour les profils davantage motivés par les enjeux techniques, scientifiques et de gestion des navires et des installations offshore.

Dans les deux cas, les étudiants achèvent leur cursus avec un diplôme d’ingénieur de l’ENSM, reconnu par la commission des titres d’ingénieurs (CTI). « Mais la spécialité en génie maritime est loin d’être réservée aux seuls étudiants de l’ENSM de Marseille », souligne Pascal Leblond. Ils sont aujourd’hui 94 sur le site de Nantes, avec un objectif de 120 à 140 étudiants d’ici deux ans.

Recrutement à bac+2 pour un cursus en trois ans 

Les étudiants issus de classes préparatoires scientifiques qui passent le concours Banque PT (Physique-Technologie), commun à plusieurs grandes écoles d’ingénieur, représentent le principal vivier de recrutement pour un accès direct à la spécialité génie maritime. La formation est également ouverte, sur dossier, aux étudiants de classes préparatoires scientifiques (MP, PSI, TSI) et aux titulaires de BUT et de licences professionnelles scientifiques. 

Pour ces étudiants de niveau bac+2, la première année à l’ENSM de Nantes est dédiée à l’acculturation au maritime. « Les enseignements portent sur les sciences nautiques (navigation, manœuvre, construction, exploitation, sécurité, sûreté, électronique, électrotechnique, machine, anglais…), avec beaucoup de TP dans les laboratoires de l’école (énergies nouvelles avec piles à combustible, réseaux climatiques génie, hydrauliques et automatiques) et des exercices sur nos simulateurs passerelle et machine ». 

 

 

Un court embarquement est organisé en fin d’année, généralement sur des liaisons transmanche, afin que les étudiants appréhendent leur futur domaine d’activité, en observateurs, mais en conditions réelles. Les inscriptions pour intégrer le cursus en trois ans à l’ENSM de Nantes ouvriront début février, après la journée portes ouvertes du 31 janvier 2026 (sur inscription).

Au niveau bac+ 3, si la spécialité génie maritime de l’ENSM est ouverte de droit aux étudiants de l’ENSM de Marseille, « ils sont finalement assez peu nombreux à rejoindre nos rangs : la majorité se dirige vers des carrières navigantes et intègre le site du Havre », constate Pascal Leblond. Titulaires d’un OCQM (officier chef de quart machine) 8000 kW, les étudiants de l’ENSM de Saint-Malo peuvent également y prétendre, tout comme les étudiants issus d’une première année de master scientifique, en électronique ou électrotechnique. Les recrutements sont alors effectués sur dossier, pour une période de deux ans d’études.

Éco-gestion du navire et déploiement et maintenance des systèmes offshore

La spécialisation en génie maritime se divise en deux parcours possibles. « Le premier en éco-gestion du navire (EGN), qui consiste à optimiser l’exploitation d’un navire en intégrant simultanément les dimensions économiques (coûts, performance, efficacité) et écologiques (réduction des émissions, consommation d’énergie, impact environnemental), à l’échelle du cycle de vie (ACV), de sa construction à sa déconstruction », indique Pascal Leblond. Ce parcours est également accessible par la voie de l’apprentissage, avec une alternance de quatre semaines à l’école et de quatre semaines en entreprise.

 

 

Le deuxième parcours, intitulé déploiement et maintenance des systèmes offshore (DMO), développe les mêmes grands principes, appliqués aux installations offshore, « à commencer par les éoliennes, avec les aspects de construction, maintenance, transfert de l’énergie à terre… Mais également aux projets d’hydroliennes, aux data centers flottants ou aux plateformes pétrolières », résume Pascal Leblond.

Développement de projets 

Lors du cursus ingénieur, les entreprises interviennent soit de manière ponctuelle sur une thématique précise, soit pour développer de petits modules de formation. Leurs problématiques sont également au cœur des thèmes de TER (travail d’étude et de recherche), qui mobilisent les étudiants durant toute l’année. « Nous faisons un gros focus sur le développement de projets : avec par exemple cette récente étude des émissions de méthane-slip à bord des navires, une autre sur les conséquences de la décarbonation des navires de pêche pour les ports, ou ce projet sur l’impact d’une cyber-attaque ciblée visant l’ECDIS (système électronique de navigation) sur la sûreté de la navigation ».

Ces travaux de longue haleine sont réalisés par équipe de trois ou quatre étudiants, et font l’objet d’un rapport et d’une soutenance en fin d’année. La cinquième et dernière année du cursus ingénieur de l’ENSM se conclut par un stage de six mois en entreprise.

 

 

Insertion professionnelle garantie

Les étudiants du parcours EGN peuvent être recrutés par les compagnies maritimes, aux postes de superintendant, ingénieur d’armement (gestion de flotte), ingénieur de la transition énergétique, responsable environnement, mais également dans les chantiers navals pour assurer les suivis de chantier, aux postes de responsable de travaux à bord, d’ingénieur qualité, d’ingénieur d’essais… « Nos étudiants intéressent également les sociétés de classification pour établir des normes de construction et d’exploitation de navires ou d’installations offshore et réaliser des missions d’inspection ».

Les sociétés qui répondent aux appels à projet pour l’éolien offshore et celles qui gèrent la maintenance et l’exploitation des champs existants sont les principales voies d’insertion professionnelle pour les étudiants du parcours DMO, qui peuvent également travailler dans l’éolien terrestre. En sortie d’études, les étudiants des deux parcours peuvent espérer un salaire de 40.000 euros brut par an. « Certains choisissent de poursuivre leurs études, mais l’insertion professionnelle est garantie », assure Pascal Leblond. 

Formation professionnelle

Le site nantais de l’ENSM accueille également 80 apprenants par an, en formation professionnelle. Destinées aux officiers pont déjà en poste et qui souhaitent diriger des navires de plus gros tonnage, ces formations de quatre à six mois délivrent des diplômes d’OCQP (officier chef de quart passerelle), de capitaine 3000 et de capitaine illimité. Elles permettent aussi à l’ENSM de Nantes de « conserver un lien avec la filière navigante », rappelle Pascal Leblond. « Pour nous, c’est très important ».

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