La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a pris lundi 5 janvier un arrêté, publié ce mercredi 7 janvier au Journal Officiel, interdisant l’importation de « denrées alimentaires contenant des résidus quantifiables » de cinq « substances actives dangereuses », interdites dans l’Union européenne (UE). À savoir la carbendazime, le bénomyl, le glufosinate, le thiophanate-méthyl et le mancozèbe, des fongicides et herbicides utilisés pour traiter les fruits et les légumes.
Cette mesure « conservatoire applicable à la France, sur laquelle Bruxelles devra se prononcer, » avait été annoncée, dimanche 4 janvier, par Annie Genevard, dans une interview à La Tribune Dimanche. Elle vise certains produits agricoles, importés « d’Amérique du Sud ou d’ailleurs », comme les avocats, les mangues, les goyaves, les agrumes, le raisin ou les pommes, qui « ne pourront plus entrer sur le territoire national », avait indiqué dimanche sur X le premier ministre Sébastien Lecornu.
Des produits « insuffisamment contrôlés »
Dans cette interview, la ministre de l’Agriculture avait jugé « insuffisamment contrôlés » ces produits et avant annoncé la mise en place d’une « brigade qui débutera ses travaux dans les prochaines semaines » pour renforcer cette surveillance. Sébastien Lecornu avait, lui, parlé d’ « une première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d’équité pour nos agriculteurs » sur X.
L’arrêté prévoit un délai d’au maximum un mois pour écouler les stocks après son entrée en vigueur, ce mercredi. Il doit recevoir un feu vert de la Commission européenne, qui a « dix jours pour l’analyser » et a la possibilité de « s’y opposer », mais « rentre en vigueur indépendamment de ces dix jours », précise le ministère de l’Agriculture.
Cette décision intervient en pleine mobilisation des agriculteurs et négociation sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont la signature a été reportée au 12 janvier. Annie Genevard doit d’ailleurs se rendre, ce mercredi, à Bruxelles, pour une réunion spéciale avec ses homologues européens sur cet accord et la politique agricole commune (PAC).