Avocats, poivrons, soja, pommes de terre, mangues… L’importation de produits agricoles traités avec certaines substances interdites d’utilisation dans l’Union européenne sera suspendue dès jeudi dans l’attente de « mesures appropriées par la Commission européenne » et pour une durée maximale d’un an, d’après un arrêté publié mercredi au Journal officiel.

Les substances interdites concernées sont des fongicides et herbicides utilisés pour traiter des fruits et légumes, et notamment dans les avocats, mangues ou goyaves sud-américains. L’arrêté prévoit une durée d’écoulement des stocks d’au maximum un mois après son entrée en vigueur. 

Les cinq substances sont le mancozèbe, utilisé pour traiter les avocats, les mangues, ou encore les poivrons, le thiophanate-méthyl (coings, agrumes, avoine…), le glufosinate (pommes de terre), le carbendazime et le bénomyl (tomates, graines de soja, blé…). 

Un arrêté qui « n’est pas dirigé contre l’Amérique du Sud »

L’arrêté concerne, « compte tenu du profil des produits pas mal l’Amérique du Sud. Mais ça n’est pas un arrêté dirigé contre l’Amérique du Sud, il est dirigé contre tout pays du monde qui traiterait les fruits et légumes concernés avec une de ces cinq substances », indiquait le ministère de l’Agriculture en début de semaine. 

Cette mesure doit encore obtenir un feu vert de Bruxelles, où Annie Genevard se rend mercredi pour une réunion spéciale avec ses homologues européens sur le Mercosur et la politique agricole commune (PAC).

L’Europe a dix jours pour réagir

« La Commission européenne va disposer de dix jours pour l’analyser, donc il rentre en vigueur indépendamment de ces dix jours. Et à l’issue, la Commission européenne va soit ne pas s’y opposer et donc le laisser vivre, soit elle peut également le généraliser à tout le reste de l’Union européenne (…) et elle peut également s’y opposer », a détaillé le ministère de l’Agriculture. 

L’arrêté demande également aux entreprises du secteur alimentaire de mettre en œuvre des contrôles afin de s’assurer que les produits importés ne contiennent pas les substances interdites en question. 

Un impact limité, selon le PDG de Carrefour

Cela passe par notamment par « la collecte » ou « l’analyse » d’informations « sur la provenance des denrées alimentaires acquises », ou encore des « analyses » permettant de prouver « l’absence de résidu quantifiables » des substances interdites. 

« Je ne crois pas que l’impact sera important », a réagi Alexandre Bompart, PDG du groupe Carrefour, sur BFMTV ce mercredi. « A 99,9 %, les produits en vente ne sont pas concernés. Les contrôles sont faits par les autorités sanitaires, qui vont être renforcés les prochains jours. »