À l »heure où les listes de tendances envahissent Instagram, le
designer américain Nate Berkus reste fidèle à sa
réputation de franc-tireur. « Je suis célèbrement anti-tendances –
je pense qu’elles sont conçues pour faire sentir aux gens qu’ils
n’ont pas ce qu’ils devraient avoir », explique Nate Berkus à Homes
et Gardens. Pour lui, la mode passe trop vite et laisse surtout un
arrière-goût d’insatisfaction.
Pour autant, ce refus des effets de mode ne signifie pas figer
le décor. « Je n’ai jamais cru que l’intemporalité signifie rester
immobile », ajoute-t-il. « Cela signifie prêter attention. Ce qui me
semble excitant en ce moment n’est pas une seule tendance, mais un
changement de sensibilité. » L’auteur du récent livre
Foundations scrute ce qui dure, et 2026 lui offre
justement un nouveau terrain d’observation.
Pourquoi Nate Berkus reste anti-tendances face aux tendances
déco 2026
Face aux nombreuses tendances déco 2026, le
designer préfère rester en retrait. Il répète qu’il se fiche de ce
qui est nouveau, uniquement intéressé par ce qui survit au temps.
Dans cette logique, il se méfie des décors trop scénographiés :
« Des pièces qui ne sont pas personnelles, qui sont conçues pour
bien photographier mais ne reflètent pas les personnes qui y
vivent », sont ce qu’il évite.
La priorité, pour lui, reste que chaque maison parle de ceux qui
l’habitent. Il aime quand une maison ose quelque chose. Son
penthouse new-yorkais de Hudson Yards ou le loft de SoHo qu’il a
signé montrent cette audace tranquille, faite de volumes généreux
mais surtout de détails pensés pour être vécus, pas seulement
admirés.
Le style organique qui attire Nate Berkus en 2026
S’il devait tout de même nommer une direction pour 2026, ce
serait une sensibilité très organique. « Je
remarque que des couleurs plus profondes, ancrées dans la terre,
reviennent d’une manière plus nuancée, associées à des matériaux
qui montrent leur âge honnêtement », dit Nate Berkus. « Comme des
bois finis à la main, du plâtre, de la pierre avec des
irrégularités… des choses qui racontent une histoire. C’est
excitant pour moi. Nous avons de nouveau besoin de sens. La
provenance compte. La patine compte. Les objets avec des histoires
comptent ».
Dans ce paysage très terreux, même le choix de la couleur
Pantone de l’année, le blanc nuancé Cloud Dancer, trouve
grâce à ses yeux. « J’aime que Pantone ait sélectionné un neutre
pour une fois, et un blanc en plus, c’est intéressant », dit Nate
Berkus, ajoutant, « il y a beaucoup de nuances avec le blanc, et
elles peuvent vraiment changer une pièce selon la façon dont elles
se superposent et travaillent avec la lumière ». Pour lui, ce blanc
sert surtout à faire le vide dans le brouhaha visuel des
tendances.
Comment adopter la sensibilité
organique de Nate Berkus chez soi
Pour traduire cette vision chez soi, Nate Berkus commence
toujours par une question simple : « Demandez-vous comment vous
voulez qu’une pièce se sente lorsque quelqu’un y entre »,
conseille-t-il. À partir de là, il invite à chercher « des choses
faites à la main, des choses anciennes qui ont de la patine et
racontent une histoire ». Le meilleur guide reste l’instinct : il
suffit de « voir où votre œil se pose et ce qui suscite de
l’intérêt ».
Dans son duplex perché au-dessus de Manhattan, décrit comme un
véritable refuge, cette approche prend une dimension spectaculaire.
« Chaque détail contribue au récit, confie le designer. Ici, il
s’agissait de créer un sanctuaire aérien, une retraite où
l’immensité devient intime ». À SoHo, même recette appliquée à
l’échelle d’un loft : bibliothèque en chêne blanc, marbre, zelliges
artisanales et surtout lumière naturelle composent un décor à la
fois intemporel et profondément personnel.