Publié le
7 janv. 2026 à 10h18
Début décembre 2025, Enquêtes d’actu vous révélait qu’une part non négligeable de textes législatifs étaient générés avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA). Des collaborateurs de députés confiaient alors s’aider de cet outil pour gagner du temps, et même combler des lacunes en orthographe. « L’IA, c’est ma secrétaire », glissait une de ces petites mains de la rédaction de la loi.
300 amendements passés à la moulinette
Notre expérience, qui ne prétend pas avoir de valeur scientifique, s’est basée sur l’étude de 278 amendements déposés dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), en octobre 2025, et celui de l’abrogation de la retraite à 64 ans, à l’hiver 2024. Quelques propositions de loi ont également été incluses pour atteindre un total de 300 textes passés à la moulinette de plusieurs détecteurs d’écriture robotique.
Les différents résultats recoupés avec leurs auteurs, 34 amendements sont sortis du lot comme étant probablement le fruit d’une IA, soit un total de 11,3 %.
Ces premiers résultats balayaient largement le spectre politique représenté à l’Hémicycle. Une analyse plus poussée de la vingtaine de textes sur laquelle où la probabilité de l’usage de l’IA est la plus forte confirme cette tendance.
Cette nouvelle expérience n’a pas de valeur scientifique et repose sur un échantillon aléatoire ne tenant pas compte de la représentativité de chaque groupe à l’Assemblée. Mais elle illustre une réalité : tous les partis sont concernés.
Le parti Horizons arrive en tête devant le RN et le NFP
En haut du podium des utilisateurs d’IA, on retrouve le parti d’Edouard Philippe, Horizons. Ses députés sont impliqués dans huit des amendements que nous avons identifiés et représentent ainsi 32,08 % des signataires. Ensuite vient le Rassemblement national, avec quatre textes pour 93 parlementaires impliqués (29,25 %). Puis, on retrouve le Nouveau Front populaire, mais pour un seul texte signé par 71 élus (22,33 % des signataires).
Avec respectivement six (5,3 % de signataires), quatre (3,7 %) et deux (3,4 %) textes, Ensemble pour la république (EPR), Les Républicains (LR) et l’Union des droites pour la République (UDR), prennent la suite de ce classement. Le MoDem, le PCF, Liot et un député non inscrit y figurent aussi mais de manière bien plus marginale.
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Rappelons que notre enquête initiale mettait en avant une utilisation croissante et décomplexée de logiciels comme ChatGPT et Mistral dans les tâches quotidiennes des députés et de leurs collaborateurs : rédaction de textes de loi, mais aussi de discours, de publications sur les réseaux sociaux ou encore de notes de synthèse. Plusieurs spécialistes alertaient alors sur les dangers de ces pratiques en matière de protection des données et aussi sur le retard de l’Assemblée nationale en termes de développement d’une solution maison.
• Retrouvez l’intégralité de cette enquête sur : Enquête – « L’IA, c’est ma secrétaire » : à l’Assemblée nationale, des robots mâchent déjà le travail des députés… et cela pose des questions de sécurité nationale.
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