Il assure que les gérants du bar La Constallation où s’est déroulé le drame, ou un proche, ont suspendu l’accès à toutes les vidéos de la soirée publiées sur les réseaux sociaux de l’établissement.
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Publié le 07/01/2026 08:19
Mis à jour le 07/01/2026 09:04
Temps de lecture : 3min

40 personnes sont mortes dans l’incendie d’un bar en Suisse, le soir du jour de l’an. (FABRICE COFFRINI / AFP)
L’avocat Romain Jordan, qui défend une dizaine de familles de victimes suisses de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, a dénoncé mercredi 7 janvier sur franceinfo une « destruction de preuves » de la part des gérants ou de « quelqu’un qui leur est proche ». L’incendie, survenu dans la nuit du Nouvel An, dans cet établissement de la station valaisanne, a fait 40 morts et 116 blessés, dont plusieurs sont encore hospitalisés dans un état grave.
Selon Romain Jordan, « au petit matin, alors que l’établissement était encore en feu, des exploitants du bar Le Constellation ou quelqu’un qui leur est proche a suspendu l’accès aux pages Facebook, à tous les réseaux sociaux de l’établissement où figuraient des photos, des vidéos de la soirée ». « Ça démontre bien qu’il y avait une conscience d’un problème et qu’on a cherché à le minimiser », accuse-t-il.
Une vidéo diffusée par la Radio Télévision suisse, datant de 2019 montre un serveur du bar Le Constellation s’inquiétant d’un feu sur le plafond en mousse lors d’un réveillon. « Cette vidéo est sidérante », commente l’avocat, soulignant qu' »il y avait une conscience de ce risque et que possiblement ce risque a été accepté ». D’un point de vue juridique, ajoute-t-il, cette connaissance du danger peut modifier la nature des poursuites : « Si vous avez connaissance d’un risque et que vous acceptez de le prendre à ce moment-là, vous n’êtes plus victime de négligence, mais victime d’une forme d’intention d’homicide « .
La commune de Crans-Montana a exprimé mardi d’amers regrets après avoir « découvert un manquement aux contrôles périodiques » du bar Le Constellation qui n’a pas été contrôlé une seule fois entre 2020 et 2025, alors que ces inspections doivent être conduites tous les ans. « Il est temps précisément que l’enquête porte également sur le fonctionnement de la commune de Crans-Montana », estime l’avocat suisse, appelant à examiner la chaîne de responsabilités administratives. « C’est l’enquête qui va déterminer qui, dans la chaîne de commandement d’un pouvoir public, du président de commune jusqu’au fonctionnaire en charge de remplir la checklist des contrôles, a commis une erreur. Vraisemblablement, plusieurs de ces maillons vont être sur la sellette ». « Ce qui choque mes clients, c’est la longueur de l’absence de ces contrôles ».
« Cinq ans, ce n’est pas par manque de moyens. La commune de Crans-Montana est une commune riche. Il y a une incompréhension, une sidération, une consternation complète du côté des familles à cet égard. »
Romain Jordan, avocat
à franceinfo
Le président de la commune, équivalent du maire en Suisse, a indiqué qu’il ne niait pas ses responsabilités mais qu’il entendait se constituer partie civile. Une décision que l’avocat des familles juge « juridiquement totalement insoutenable » et motivée par une « stratégie ». Selon lui, les familles dénoncent le « cynisme » de cette position.