Le match de l’équipe d’Algérie face à la République démocratique du Congo en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations était quelque peu redouté par les forces de police à Saint-Étienne. Le magnifique but d’Adil Boulbina au terme de la prolongation permettant aux Fennecs d’accéder aux quarts de finale de l’épreuve a déclenché des scènes de joie aux quatre coins de la ville.
Dans un premier temps, comme l’explique le Directeur interdépartemental de la police nationale dans la Loire, Yves Cellier, « les forces de l’ordre, en lien avec les agents de la police municipale de Saint-Étienne, ont mis en place un dispositif pour empêcher l’entrée de convois sauvages dans le cœur de ville ». Ainsi, l’hypercentre a rapidement été bouclé, même si des coups de klaxon ont quand même rythmé le début de soirée des Stéphanois.
Ils tentent d’escalader la façade du palais de justice
Cependant, comme le poursuit le patron des policiers ligériens, « les débordements routiers sont inacceptables et peuvent être dangereux même si nous comprenons que les supporters de l’équipe d’Algérie aient eu besoin de manifester leur joie ». Selon nos informations, près d’une quarantaine de verbalisations ont été dressées pour des infractions au code de la route, notamment pour usage intempestif d’avertisseur sonore ou défaut de port de la ceinture de sécurité.
Mais la fête de la victoire des coéquipiers de Lucas Zidane aurait aussi pu dégénérer dans le quartier de Tarentaize/Beaubrun, où s’est organisé le rassemblement spontané d’une centaine de personnes. Certains automobilistes ont été pris à partie dans un premier temps avec des véhicules secoués, recouverts du drapeau algérien ou visés par des tirs de mortier. La situation s’est ensuite dégradée quand des individus ont tenté l’escalade du bâtiment du palais de justice, munis de drapeaux de l’Algérie.
Les groupes dispersés en centre-ville
Face au danger encouru par les fans de l’Algérie et de potentielles victimes, les forces de police sont entrées en action. Pas au goût des jeunes supporters qui, selon la police, ont alors été la cible de jets de projectiles et de tirs de feux d’artifice. La riposte a entraîné une première dispersion jusqu’à la rue Georges-Teissier où une barricade a été mise à feu.
À nouveau pris à partie, les policiers ont à leur tour riposté. Une ultime offensive payante, les groupes se trouvant dispersés dans le centre-ville et au-delà du périphérique urbain.
Quatre interpellations réalisées par la police
Finalement, quatre interpellations ont été réalisées au cours de la soirée. « Et notamment une pour tentative, en réunion, de pénétrer à l’intérieur du palais de justice », précise Yves Cellier. Deux hommes sont encore en garde à vue ce mercredi 7 janvier au matin et deux autres ont été remis en liberté. Aucun policier n’a été blessé mais d’importants moyens ont dû être déployés dont près d’une vingtaine de grenades.
« On ne souhaite empêcher personne de célébrer la victoire de son équipe, mais cela ne doit pas confiner à troubler l’ordre public. La fête doit rester belle jusqu’au bout, dans le calme », termine le DIPN 42 qui promet cependant que « les effectifs resteront très mobilisés à l’occasion des prochaines rencontres de la CAN dans les jours à venir ».