Victor Garel dans son atelier, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), en novembre 2025. EMILIE POTEY
Un ancien immeuble de bureaux, dans une rue silencieuse de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) : Victor Garel y partage un atelier avec d’autres artistes. La moquette d’un vert sombre administratif a pali et est désormais parsemée de petites taches de peinture. Les fenêtres donnent sur une ruelle pavée et une voie ferrée où ne passent que rarement des trains, observe l’artiste. Les occupants du lieu ont délimité leurs ateliers respectifs en collant des bandes adhésives au sol. Celui de Garel est au fond à gauche, dans le coin. Il y a dressé une cloison pour supporter la très grande toile à laquelle il travaille.
Au centre, une figure féminine en bleu et jaune se tient droite, les bras croisés, le visage sévère. Dans son dos, un homme en pull vert a cinq bras, qui tous se terminent par un gant de boxe rouge. Devant lui, de taille plus réduite, à l’inverse de ce qu’exigerait la perspective, un adolescent avance en tirant une raie par la queue. Un autre est à genoux sur le sol, le toit d’une maison reposant sur son dos. Un autre encore téléphone, l’air terriblement malheureux ou angoissé. Un autre encore semble avoir été percé par l’une des flèches qui jaillissent on ne sait comment ni d’où… Pas plus que l’on ne sait pourquoi un carrousel de petits avions tourne autour de ce groupe. S’imposent immédiatement l’intensité des couleurs et la complexité de la composition et, donc, de tout essai d’interprétation.
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