Publié le
7 janv. 2026 à 11h52
; mis à jour le 7 janv. 2026 à 12h03
7 000 bovins déjà vaccinés, aucun cas déclaré, mais la colère gronde encore sur les routes de l’Hérault.
Moins d’un mois après une première mobilisation, la Confédération paysanne reprend la route ce mercredi 7 janvier 2026. Objectif affiché : forcer le débat politique autour de l’abattage des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine, la DNC. Le syndicat agricole souhaite que les conseillers départementaux se positionnent clairement sur cette mesure, jugée excessive par une partie du monde paysan. Le rendez-vous était fixé à 10h30 sur le parking de la Cadoule, à Vendargues.
Les manifestants s’élancent ensuite en opération escargot en direction de l’Hôtel du Département.
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Le cortège emprunte la M65, traverse Le Crès, Castelnau-le-Lez, Clapiers et Montferrier. Le retour s’effectue par le même itinéraire en début d’après-midi. La journée se poursuit par un filtrage au rond-point de l’A9, à Lunel.
Vidéos : en ce moment sur ActuUne maladie absente mais une stratégie contestée
À ce stade, aucun cas de dermatose nodulaire bovine n’a été détecté dans l’Hérault. La maladie, virale et très contagieuse, avait toutefois suscité une forte inquiétude après la découverte d’un animal malade dans l’Aude. En réponse, les autorités sanitaires avaient mis en place une campagne de vaccination ciblée sur dix-huit communes proches de la zone concernée. Rapidement, la stratégie a évolué. La vaccination a été étendue à l’ensemble du département. Au 5 janvier, près de 7 000 bovins ont reçu une injection, soit plus de la moitié du cheptel héraultais.
Morgane Bara, éleveuse de chèvres et porte-parole de la Confédération paysanne de l’Hérault, assume une ligne ferme : « Il ne faut pas avoir honte des positions qu’on porte car elles sont aussi portées par des scientifiques. La science dit que l’abattage total ne sert plus à rien à partir du moment où les animaux sont vaccinés. C’est écrit noir sur blanc dans des conclusions d’étude de l’EFSA concernant l’épidémie de DNC qu’il y avait eu dans les Balkans en 2016. »
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Une mobilisation qui dépasse le seul monde agricole
Sur le parking de la Cadoule, les tracteurs ne sont pas les seuls à répondre à l’appel. Des soutiens extérieurs se joignent au cortège. Séverine, pâtissière, explique sa présence sans détour. « Rien à voir avec le milieu agricole mais on est dans une région ancrée par la tradition. Nos taureaux sont touchés. Je défends ça et surtout, si on n’est pas là aujourd’hui, nos traditions seront vite terminées. On se bat constamment tous les ans. » Cette mobilisation trouve un écho particulier dans un territoire où l’élevage bovin et les traditions taurines occupent une place centrale. Pour beaucoup, la question sanitaire se mêle à une défense plus large du patrimoine culturel local.
La date de cette action n’a rien d’anodin. Elle intervient au lendemain d’une rencontre entre les représentants agricoles et le Premier ministre. Les relations entre la Confédération paysanne et le gouvernement restent tendues. Au-delà de la DNC, un autre dossier cristallise les oppositions : l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Le syndicat redoute une concurrence accrue pour les éleveurs français et une remise en cause des normes sanitaires et environnementales. La mobilisation du 7 janvier s’inscrit donc dans un climat plus large de défiance envers les orientations agricoles nationales et européennes.
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