À quelques pas de Jean-Médecin, un local chargé de mémoire a retrouvé une seconde vie depuis décembre. Ancienne boulangerie de quartier fondée en 1957, Beurré assume un parti pris simple : remettre le sandwich traditionnel au centre de la table, avec des produits frais, découpés et assemblés minute.
Souvenez-vous. Avant d’être Beurré, l’endroit était connu sous le nom de Boulangerie du Centre. En 1957, l’arrière-grand-père de Maxime Taboni, Félix, y installe son fournil. Son fils, « papi Alex » reprend l’affaire en 1966 avec son épouse, « mamie Céleste ».
Croissants au beurre (à une époque où la margarine dominait), baguettes chaudes, raviolis niçois, l’adresse devient une institution locale, un commerce du quotidien, profondément ancré dans la vie de la rue de Russie.
Histoire de famille
Mais la transmission familiale prend fin en 2000, au départ à la retraite du grand-père. D’autres enseignes se succèdent. Quand le local redevient disponible, l’histoire rattrape Maxime Taboni.
Avec Jean-Baptiste Boudarene, il décide alors de reprendre les lieux. « Beaucoup de gens sont venus nous voir, dès l’ouverture. Ils connaissaient mes grands-parents, avaient encore l’adresse en tête. Il y avait déjà une énorme attente » confie-t-il.
Ni Maxime Taboni ni Jean-Baptiste Boudarene ne sont boulangers de formation. En revanche, ils partagent une même obsession : le sandwich simple, bien fait, sans triche, à la française.
« Ma grand-mère se considérait comme la reine du sandwich » sourit Maxime. Cette dernière est d’ailleurs la mascotte de l’établissement sur les réseaux sociaux. Une manière de faire perdurer l’héritage.
Chez Beurré, tout est pensé autour du « minute ». Les jambons arrivent entiers, découpés le matin. Les produits sont visibles en vitrine. Le client peut repartir avec de la charcuterie à la coupe, mais l’essentiel se joue au comptoir. Assembler sur le moment, sans anticipation, sans stock.
L’inévitable jambon-beurre
À la carte, les traditionnels sont en haut de l’affiche. Jambon-beurre, rosette, jambon cru, rillettes, emmental. Puis viennent les recettes encore plus gourmandes. Comté affiné, jambon basque affiné douze mois, effiloché de poulet rôti préparé chaque matin, à l’italienne, pan bagnat selon la recette traditionnelle niçoise, décliné en baguette…
© Romain Boisaubert / Nice-Presse
Chaque semaine, une recette éphémère complète l’offre. En accompagnement, les boissons maison (citronnade, limonade, thé glacé) font un carton et un dessert hebdomadaire est à la carte. Une proposition courte, lisible, pensée pour les pauses rapides comme pour les habitués.
La clientèle reflète l’ADN du lieu. Des actifs du secteur aux travailleurs pressés en passant par les riverains fidèles. Depuis l’ouverture, les réseaux sociaux commencent aussi à jouer leur rôle, attirant une clientèle plus large. « On a déjà des habitués. C’est allé très, très vite » sourit Jean-Baptiste.
En savoir +
- Ouverture : du lundi au samedi (11h-15h)
- Adresse : 4, rue de Russie, 06000 Nice
- Contact : 09 56 66 28 14
- Prix : de 6 à 8,50 euros le sandwich
