(Actualisé avec interception du pétrolier)
par Idrees Ali et Phil Stewart
Les Etats-Unis ont
intercepté mercredi au large de l’Islande un pétrolier battant
pavillon russe et escorté à distance par un sous-marin russe
après une traque de plus de deux semaines dans l’Atlantique dans
le cadre de leurs efforts pour entraver les exportations de
pétrole du Venezuela par la mer, ont déclaré des responsables
américains.
Si les Etats-Unis ont multiplié les interventions contre des
pétroliers depuis le début de leur blocus maritime du Venezuela,
bloquant de nombreux tankers chargés de brut au large de ce pays
d’Amérique latine depuis le mois dernier, il semble qu’il
s’agisse de la première interception américaine d’un navire
battant pavillon russe.
Ce pétrolier sous sanctions américaines, appelé initialement
Bella-1 et désormais enregistré sous le nom de Marinera, avait
échappé le mois dernier au blocus américain dans les Caraïbes et
son équipage avait refusé de laisser les garde-côtes américains
monter à son bord.
Le commandement de l’armée américaine en Europe a déclaré
dans un message sur X que ce pétrolier avait été intercepté dans
l’Atlantique Nord pour violation des sanctions américaines.
« Le blocus du pétrole vénézuélien illicite et sanctionné
reste PLEINEMENT EFFECTIF, partout dans le monde », a écrit le
secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, en commentaire
de cette publication sur X.
L’opération a été conduite par l’US Coast Guard et
l’armée américaine au large de l’Islande, ont dit à Reuters deux
responsables américains ayant requis l’anonymat.
Des bâtiments de la marine militaire russe, dont un
sous-marin, naviguaient dans les parages au moment de
l’intervention, ont-ils ajouté, sans préciser à quelle distance.
Aucun affrontement entre forces américaines et russes n’a été
signalé.
Le média russe RT a cité une source anonyme selon
laquelle un hélicoptère avait déposé sur le pont du Marinera ce
qui semble être des militaires américains. RT a publié une photo
de ce qui est présenté comme un hélicoptère américain volant
près du pétrolier.
MOSCOU DÉNONCE UNE VIOLATION DU DROIT MARITIME
Le ministère russe des Transports a dénoncé une violation du
droit maritime et a dit avoir perdu contact avec le Marinera.
« Aucun pays n’a le droit de recourir à la force contre des
navires dûment enregistrés auprès des juridictions d’autres
Etats », a-t-il dit dans un communiqué.
On ignore vers quelle destination le pétrolier va désormais
être emmené mais, selon des sources, il devrait entrer dans les
eaux territoriales britanniques.
Les garde-côtes américains avaient tenté une première
fois d’intercepter le Bella-1 le mois dernier mais l’équipage
avait refusé de les laisser monter à bord. Il s’est depuis
enregistré sous pavillon russe.
L’armée américaine a annoncé que l’US Coast Guard avait
intercepté mercredi un autre pétrolier sous sanctions, le
supertanker M Sophia battant pavillon du Panama, dans les eaux
proches de l’Amérique latine.
Il a quitté le littoral du Venezuela début janvier au
sein d’une flotte transportant du pétrole vénézuélien à
destination de la Chine de manière clandestine, avec les
transpondeurs éteints, selon des données maritimes et des
sources.
Le président américain Donald Trump a décidé d’étouffer
les exportations de pétrole du Venezuela par la mer dans le
cadre de sa campagne contre les autorités en place à Caracas.
Ces nouvelles interceptions de pétroliers interviennent
quelques jours après la capture par les forces spéciales
américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, accusé de
« narcoterrorisme » par Washington, lors d’un raid à Caracas le
week-end dernier.
Donald Trump exige des autorités vénézuéliennes qu’elles
permettent aux compagnies pétrolières américaines d’exploiter
les réserves du Venezuela, considérées comme les plus
importantes au monde.
Les responsables vénézuéliens accusent les Etats-Unis de
vouloir piller le pétrole de leur pays.
(Idrees Ali et Phil Stewart, avec Aizhu Chen à Singapour,
Marianna Parraga à Houston et Lucy Papachristou à Moscou,
version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer)