Mains froides : simple frilosité ou syndrome de Raynaud ?
Sortie du métro, rayon surgelés, vent humide… Vos mains
froides deviennent raides, parfois blanches, avec cette
sensation étrange qu’elles n’obéissent plus. Beaucoup appellent ça
une « mauvaise circulation ». Sauf que, pour une partie des
personnes, ces doigts blancs et douloureux
relèvent d’un phénomène de Raynaud bien
documenté.
Concrètement, les petits vaisseaux des extrémités se contractent
sous l’effet du froid ou d’un stress, ce qui réduit l’afflux
sanguin. Les doigts sont surtout touchés, mais aussi les orteils,
le nez, les oreilles, parfois les mamelons et la langue. S’agit-il
d’une simple frilosité ou d’un syndrome de Raynaud
à identifier tôt ? La suite se joue en cinq questions.
Mini-test Raynaud : 5 questions pour vos mains froides
Répondez par oui ou non à ce test en 5
questions :
- Vos doigts sont-ils sensibles au froid ?
- Vos doigts changent-ils de couleur (en devenant blanc, bleu,
rouge ou violet), en réponse à un changement de température ou à
des situations stressantes ? - Ressentez-vous un engourdissement ou une douleur dans la zone
affectée lorsqu’ils changent de couleur ? - Ressentez-vous des picotements lorsque la zone affectée se
réchauffe ? - Avez-vous déjà développé des plaies ou des ulcères sur vos
doigts ou vos orteils ?
Si vous répondez oui à au moins deux questions, il peut être
intéressant d’en parler à votre médecin. Et si des symptômes
nouveaux apparaissent alors que Raynaud est déjà identifié, « mieux
vaut effectivement consulter votre médecin », explique le Dr Gérald
Kierzek, médecin urgentiste, à
Doctissimo.
Crises de Raynaud : symptômes typiques et qui est le plus
exposé
Une crise suit souvent trois temps. Phase blanche dite
ischémique : un ou plusieurs doigts deviennent très pâles, froids,
insensibles. Vient la phase bleue, avec picotements parfois
douloureux. Puis la phase rouge, où les doigts se réchauffent,
brûlent un peu et reprennent leur couleur. Toutes les phases ne
sont pas toujours présentes, et la durée varie de quelques minutes
à plusieurs heures.
Dans environ 90 % des cas, on parle de forme
primitive (idiopathique), globalement bénigne, avec des
doigts redevenus normaux entre les crises. Le profil typique :
début à l’adolescence ou chez l’adulte jeune, surtout chez les
femmes minces. Les estimations évoquent entre 6 et 20 % de femmes
concernées, avec autour de 6 % entre 25 et 40 ans. La
maladie de Raynaud reste la plus fréquente ; le
syndrome de Raynaud désigne une forme liée à une
autre cause.
Syndrome de Raynaud : quand s’alarmer
et que faire au quotidien ?
Certains signaux doivent alerter car ils font penser à une
forme secondaire : premières crises après 35 ans,
épisodes en plein été ou sans exposition au froid, atteinte d’une
seule main avec le pouce, plaies ou ulcères au bout des doigts. Des
maladies auto-immunes peuvent être associées (sclérodermie, lupus,
syndrome de Goujerot-Sjögren, dermatomyosite, polyarthrite
rhumatoïde), tout comme des expositions ou produits
vasoconstricteurs (bêtabloquants, dérivés de l’ergot, certains
traitements, toxiques).
Au quotidien, l’objectif est de limiter les crises. Protéger les
extrémités et tout le corps du froid, superposer les couches,
porter des gants ou des mitaines, utiliser des chaufferettes si
besoin. Arrêter de fumer, réduire café, thé, sodas et alcool.
Éviter les microtraumatismes et les outils vibrants, gérer le
stress par des techniques de relaxation, bouger régulièrement
doigts et orteils pour stimuler la circulation. Ces mesures simples
font souvent une vraie différence.