Groupe sanguin et cancer : que
disent les études ?
Chaque année, plus de 430 000
nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en France, selon
Santé publique France. Face à ces chiffres, toute
piste expliquant pourquoi certains développent un cancer et
d’autres non attire l’attention.
Depuis une dizaine d’années,
plusieurs études internationales ont observé des liens statistiques
entre le système ABO et certains cancers. Les résultats convergent
sur quelques tendances :
-
Le groupe A est associé à un risque
légèrement plus élevé de cancers de l’estomac et du pancréas.
Certaines analyses parlent d’une augmentation relative du risque
pouvant atteindre 20 %. -
Le groupe O apparaît, à l’inverse, comme un
peu moins exposé à ces mêmes cancers digestifs. Attention toutefois
: il ne s’agit en aucun cas d’une protection absolue. -
Les groupes B et AB donnent des résultats plus
contrastés. Le groupe AB, par exemple, a été associé dans certaines
études à un risque accru de
cancer du foie.
Ces différences existent, mais
restent modestes. On est loin d’un facteur déterminant comparable
au tabac ou à l’alcool.
Pourquoi de telles
différences entre les groupes sanguins ?
Les chercheurs avancent
plusieurs hypothèses, sans pouvoir encore trancher clairement. Les
antigènes ABO, présents non seulement sur les globules rouges mais
aussi sur de nombreuses cellules de l’organisme, pourraient jouer
un rôle dans l’inflammation, la coagulation ou la réponse
immunitaire.
Autre piste : certaines
infections connues pour favoriser des cancers, comme
Helicobacter pylori pour
l’estomac, semblent interagir différemment selon le groupe sanguin.
Enfin, la génétique entre en jeu : les gènes responsables du groupe
sanguin sont proches d’autres gènes impliqués dans l’immunité et la
prolifération cellulaire.
Difficile, dans ce contexte,
de savoir ce qui relève directement du groupe sanguin et ce qui
dépend de facteurs associés comme l’alimentation, l’environnement
ou le mode de vie.
Prudence : le groupe sanguin
n’est pas une boule de cristal
Les spécialistes sont unanimes
: le
groupe sanguin ne pèse que très peu face aux grands
facteurs de risque connus. Le tabac multiplie par exemple le risque
de cancer du poumon par 10 à 15, selon
Santé publique France. L’alcool est impliqué dans
environ 8 % des cancers en France, d’après l’Institut
national du cancer. Le surpoids, la sédentarité et
l’alimentation jouent eux aussi un rôle majeur.
Autrement dit, être du groupe
O ne protège pas, et être du groupe A ne condamne pas. Ces données
doivent être vues comme des nuances statistiques, pas comme des
prédictions individuelles.
Un
champ de recherche toujours ouvert
La recherche continue
d’explorer ces liens complexes entre génétique, immunité et
maladies chroniques. Des travaux récents s’intéressent même à la
façon dont les antigènes ABO pourraient, à terme, influencer
certaines stratégies thérapeutiques. En France, des équipes de
l’INSERM
travaillent sur ces interactions pour mieux comprendre pourquoi, à
exposition égale, certains développent un cancer et d’autres
non.
Pour l’instant, le message
reste clair : connaître son groupe sanguin est utile, mais adopter
des comportements protecteurs reste de loin le levier le plus
efficace pour réduire son risque de cancer.