Dépenses de santé des femmes en France : le coût invisible qui
grimpe

Vous avez déjà payé de votre poche pour un psy, une séance
d’ostéo, des compléments ou un suivi bien-être non remboursé ?
Beaucoup de Françaises le font, régulièrement. Derrière la vitrine
d’un système de soins réputé généreux, une part entière de la santé
féminine échappe à l’Assurance maladie. Santé mentale, douleurs
chroniques, troubles hormonaux : ces besoins, souvent récurrents,
finissent en reste à charge. Et l’addition se répète, mois après
mois.

Une étude Elsee Care, publiée le 24 juin 2025, a analysé 1 483
profils sur un an pour objectiver cette réalité. Elle rapporte ceci
: « 9,5 millions de femmes chaque année déclarent reporter ou
renoncer à des soins en raison de divers obstacles tels que le
coût, la distance ou le manque de temps », indique l’étude Elsee
Care, selon Marie France. Même en ayant accès à des soins, toutes
ne peuvent pas suivre les parcours recommandés. Reste à savoir
combien.

Combien une femme dépense par an pour sa santé en 2025 ?

Le chiffre central donné par cette radiographie est clair : en
moyenne, une femme en France consacre 2 549 € par
an à sa santé et à son bien-être, pour des postes non pris en
charge par l’Assurance maladie. La médiane s’établit à 2
125 €
, soit près de 5 % du revenu net
annuel moyen féminin. Ces dépenses recouvrent principalement
l’accompagnement psychologique, les médecines douces et les
compléments, hors médecine conventionnelle.

Dans le détail, les écarts se creusent selon les situations. Les
femmes ménopausées atteignent le plus haut budget avec 2
807 €
par an, dont 655 € de compléments.
Celles atteintes d’endométriose ou de SOPK dépensent 2 643
par an, un quart étant dédié au soutien psychologique.
Les femmes en parcours de fertilité engagent 2 487
annuels, dont 1 503 € pour
l’accompagnement global et 583 € de compléments.
Les femmes enceintes ou en post-partum restent en dessous mais la
note demeure élevée, à 2 062 € par an, avec
26 % pour l’appui psychologique.

À quoi part ce budget et pourquoi reste-t-il à votre
charge

La priorité se lit d’emblée : 63 % des dépenses
concernent la santé mentale et le mieux-être. En moyenne, une femme
paie 614 € par an pour des consultations
psychologiques, 552 € pour des médecines douces
(ostéopathie, acupuncture, naturopathie…) et 518 €
pour des compléments alimentaires. Ces postes sont faiblement
remboursés, voire pas du tout, alors qu’ils répondent à des
douleurs persistantes, à la fatigue, aux troubles hormonaux. Et la
qualité de vie s’en ressent.

Autre signal fort relevé par l’étude : 51 % des répondantes
disent que leurs symptômes ont déjà été minimisés ou ignorés en
raison de leur genre. Faible structuration d’alternatives, parcours
morcelés… Résultat, une partie des soins utiles se finance en
dehors des circuits couverts. L’accès varie aussi selon le
territoire : l’Occitanie affiche un budget annuel de 2 939
quand le Centre-Val de Loire pointe à 1 916
, des écarts liés à l’offre locale, à l’accessibilité et
aux habitudes de santé.

Où vous situez-vous face à ces
dépenses, et que faire ?

Pour vous repérer, quelques repères concrets : 1) Listez vos
dépenses de l’an dernier par grands postes (psy, médecines douces,
compléments). 2) Additionnez et comparez au repère de 2 549
pour savoir si vous êtes au‑dessus, au niveau, ou
en‑dessous. 3) Notez ce que vous avez repoussé faute de budget,
pour vous situer par rapport aux 9,5 millions de
femmes concernées par le renoncement. 4) Définissez un “socle” de
soins non négociables pour l’année à venir.

Des pistes existent, sans se lancer dans un parcours du
combattant : demander à sa mutuelle ou à son employeur si un
soutien psychologique est prévu, se renseigner sur les dispositifs
locaux et les maisons de santé, partager certains coûts via des
groupes de parole ou des programmes collectifs. L’enjeu n’est pas
de tout payer, mais d’arbitrer en connaissance de cause, dans un
système où une part réelle de la santé des femmes reste aujourd’hui
à la charge des intéressées.