La neige a fondu, les températures
chutent, et un autre danger, bien plus discret, menace désormais
les automobilistes : l’aquaplaning. Invisible à l’œil nu, ce piège
surgit là où on ne l’attend pas.
Sur les routes encore humides,
le redoux soudain puis le gel forment un cocktail perfide. Les
flaques d’eau stagnantes se mêlent aux résidus fondus de neige,
tandis que le froid saisit le bitume. Résultat : les automobilistes
se retrouvent face à un ennemi silencieux et sous-estimé –
l’aquaplaning. Comme le rappelle 1001pneus.fr, « ce phénomène
peut être particulièrement dangereux sur route mouillée ou lors de
conditions climatiques difficiles (pluie, neige, verglas) ».
L’aquaplaning se produit
lorsque les pneus d’une voiture ne parviennent plus à évacuer l’eau
sous leur bande de roulement. Le contact avec le sol disparaît. La
voiture flotte alors littéralement sur une fine pellicule d’eau.
« Il se produit lorsque les pneus perdent le contact avec la
route à cause d »une couche d’eau », précise le même site.
Comment ce phénomène surgit-il en plein hiver
?
Après une chute de neige, les
chaussées restent saturées d’humidité. Lorsque les températures
redeviennent positives, la neige fond rapidement, mais les
canalisations et bords de route saturés n’absorbent pas tout. Les
flaques s’étalent, souvent invisibles la nuit ou en sortie de
virage. Lorsque le froid revient, un léger verglas peut s’y former,
amplifiant encore le risque d’aquaplaning. L’absence de pluie
n’exclut donc en rien ce phénomène.
Et si vos pneus sont fatigués,
c’est encore pire. Le fabricant Michelin alerte
sur le fait qu’ »un pneu usé ou sous-gonflé augmente
considérablement les risques d’aquaplaning et insiste sur un
entretien rigoureux en période hivernale. La pression de gonflage
doit être ajustée selon les recommandations du constructeur,
surtout en hiver.
Que faire si votre voiture se met à glisser
?
La première règle : ne pas
paniquer. Sur une ligne droite, ne braquez surtout pas brutalement,
même si vous sentez le véhicule dévier. Dans un virage, la
tentation de corriger violemment est grande, mais
contre-productive. Interrogé par Auto Plus, Stéphane Dupré, chef du
service essais du magazine, rappelle une consigne précieuse :
« Évitez de surbraquer même si la voiture tire tout droit, cela
accentuerait le phénomène. Si votre auto est équipée de l’ABS et de
l’ESP, vous pouvez freiner sans hésitation. Dans le cas contraire,
ralentissez la voiture en douceur. Pensez enfin à porter votre
regard sur la sortie du virage (où vous voulez diriger la voiture)
pour préparer la reprise d’adhérence ».
Ces systèmes d’assistance au
freinage et à la trajectoire deviennent alors de véritables anges
gardiens. Pour les véhicules qui en sont dépourvus, une conduite
souple, prévoyante et lente est la meilleure défense. Enfin, comme
toujours en hiver, adaptez votre vitesse. Même si la route paraît
sèche, le danger peut surgir au détour d’un virage ou d’une
ombre.