Après avoir capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro samedi, Donald Trump a affirmé que les grandes entreprises pétrolières américaines se chargeraient d’exploiter l’or noir du Venezuela à l’avenir. Le président a justifié cette décision en accusant le gouvernement vénézuélien d’avoir chassé les pétrolières américaines du pays afin de s’emparer des réserves de pétrole qui leur appartenaient. C’est faux.
• À lire aussi: Capture de Nicolas Maduro: voici deux autres présidents enlevés par les États-Unis
Un peu de contexte
Depuis le mois de septembre, les États-Unis ont procédé à au moins 35 frappes visant des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue vers les États-Unis, tuant plus de 110 narcotrafiquants présumés.
Parallèlement, Donald Trump a augmenté la pression sur Nicolas Maduro, qu’il accuse d’être à la tête d’un réseau de trafic de stupéfiants.
Depuis la capture du président vénézuélien par les forces armées américaines samedi, le discours du locataire de la Maison-Blanche a pris une tout autre tournure, dévoilant ce que plusieurs considèrent être la vraie raison des récentes opérations américaines en Amérique latine: s’emparer des réserves de pétrole du Venezuela, qui représentent près de 20% des réserves totales dans le monde.
«Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières américaines — les plus importantes au monde — d’intervenir, d’investir des milliards de dollars, de réparer les infrastructures gravement endommagées — les infrastructures pétrolières — et de commencer à générer des revenus pour le pays», a lancé Donald Trump.
Le mensonge: le Venezuela a volé du pétrole qui appartenait aux États-Unis
Lors de la conférence de presse destinée à justifier les dernières opérations américaines samedi, Donald Trump a affirmé que les États-Unis allaient exploiter les réserves pétrolières du Venezuela afin de récupérer ce qui leur revient de droit.
«Le Venezuela a saisi et vendu unilatéralement du pétrole et de l’équipement américain. Ça nous a coûté des milliards et des milliards de dollars. […] Il s’agit du plus grand vol de propriété américaine de l’histoire américaine», a-t-il affirmé.
• À lire aussi: Le détecteur de mensonges: le fentanyl tue jusqu’à 300 000 Américains par année, affirme Donald Trump
Les faits
Quand il accuse le gouvernement vénézuélien d’avoir «volé» les États-Unis, Donald Trump fait référence à la nationalisation du secteur pétrolier du Venezuela.
Entre 1908 et 1935, le pays était dirigé par le dictateur militaire Juan Vicente Gomez. Ce dernier a ouvert l’exploitation du pétrole aux compagnies étrangères, qui ont fini par contrôler jusqu’à 98% du marché vénézuélien.
Les dirigeants qui ont succédé à Gomez ont ensuite tenté de reprendre le contrôle du marché pétrolier, qui représentait alors 90% des exportations totales du pays.
Le gouvernement a finalement nationalisé son industrie pétrolière en 1975.
Les géants américains présents dans le pays, dont Exxon Mobil, ont chacun perdu jusqu’à 5 milliards de dollars en actifs dans la foulée, mais n’ont été compensées que d’un milliard de dollars.
Le gouvernement vénézuélien a toutefois continué à leur vendre son pétrole afin qu’elles le raffinent.
Mais quand Hugo Chavez est arrivé au pouvoir en 1999, il a voulu négocier les redevances à la hausse.
Les entreprises américaines ont quitté le Venezuela après avoir été incapables d’arriver à une entente avec le gouvernement.
• À lire aussi: Trump menace le Venezuela: on décortique deux opérations catastrophiques de la CIA
Donald Trump estime donc que les pétrolières américaines ont été volées, car elles ont «créé» le secteur pétrolier du Venezuela sans accéder à leurs pleins droits d’exploitation.
Les entreprises américaines n’ont cependant jamais possédé de pétrole ou de terres au Venezuela. Elles n’ont pas non plus été expulsées du pays, comme le prétend le républicain.

