Depuis « 5 ans, nous travaillons à la réinvention de notre magazine avec sa restructuration et son repositionnement. Nous sommes à l’équilibre et nous sommes aujourd’hui condamnés à la croissance », insiste Alain Weill, président du groupe L’Express qui s’appellera désormais L’Express Global Tech, lors d’une conférence de presse mercredi. Pour lui, le passage à l’abonnement numérique au forceps « ne suffit plus ». Il met ainsi en avant les trois titres mondiaux « qui s’en sortent le mieux » en termes de croissance : le New York Times, le Financial Times et The Economist. Comment ? « Ils ont décidé il y a 25 ans de devenir des marques mondiales », plaide le dirigeant.
De la constatation aux actes, L’Express étend donc sa nouvelle sphère d’influence à l’Europe. « Nous faisons le pari de l’Europe, de transformer L’Express en un journal européen » avec en ligne de mire les leaders d’opinion de ce continent, « tout en gardant peu ou prou notre structure de coût », souligne-t-il. Avec pour ambition d’ici mi-2027 de proposer L’Express dans les 24 langues de ses 27 pays, l’hebdomadaire passe à « l’européanisation » de l’ensemble de ses contenus, pointe son directeur de la rédaction Eric Chol. « Il y a une spécificité européenne, nous partageons tous quelque chose », ajoute-t-il. Pour autant, la seule édition française restera « spécifique », en papier comme en numérique, avec des articles centrés sur la France (en politique, par exemple). Mais « le reste des sujets sera destiné à tous nos abonnés, en France et en Europe », selon Alain Weill.
Au sommaire du journal repensé par sa directrice de la création Alice Lagarde, de nouvelles rubriques sont mises en place. Comme « Europe » qui comparera chaque semaine les politiques publiques, « Secret défense » accompagné d’une page confidentielle sur le secteur ou encore « Ils font bouger l’Europe » (sur des entreprises du continent). De même, la rubrique « Campus » prendra la température de l’enseignement supérieur, « là où se forme la future élite européenne », explique M. Chol. L’ensemble des rubriques se déclinant sur le site internet qui accueille lui aussi une nouvelle version. Quoi qu’il en soit, « nous avons demandé à la rédaction de penser à avoir une empreinte européenne dans la plupart de nos sujets », a poursuivi le directeur de la rédaction, selon qui « le défi, c’est de continuer à intéresser nos lecteurs français ».
De 30 000 à 300 000 abonnés Européens
Quant aux futures versions en polonais et en anglais, elles seront accessibles via le site lexpress.eu, pendant de l’espace web français en .fr. Elles seront d’abord consultables gratuitement sur inscription, puis passeront à l’abonnement après quelques semaines. Le tarif n’a pour sa part pas été précisé. « L’idée avec l’anglais et le polonais, c’est d’abord de tester » avant d’opérer l’ambitieux déploiement européen, indique Diane Lemoine, directrice générale déléguée du groupe. Outre les articles, les contenus vidéos, dont les « Grands entretiens » d’Anne Rosencher, directrice déléguée de la rédaction, seront également doublés par IA, en conservant la voix des intervenants. A terme, L’Express vise 30.000 abonnés européens, voire 300.000 à plus longue échéance, selon M. Weill.
Pour l’heure, L’Express revendique 25 000 abonnés numériques alors que sa Diffusion France payée (DFP) 2024-2025 est de 129 036 exemplaires écoulés chaque semaine (-7,60% vs 2023-2024). « Le journal réalise un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros » et « nous voulons le doubler d’ici 4 ans grâce au développement européen », a ambitionné Alain Weill. Enfin, ce dernier n’a pas fermé la porte à des investisseurs extérieurs : « je suis prêt à poursuivre les investissements. Nous pourrions aussi avoir intérêt à nous adosser. Nous ne sommes pas fermés à des synergies », a-t-il conclu.
Une campagne de communication
L’Express accompagne ce lancement d’une nouvelle campagne de communication, signée de l’agencer DBO. Visible dès ce 8 janvier, celle-ci se déploie en presse, affichage, digital, réseaux sociaux, télévision et radio.
