Après une première partie de saison décevante comptablement, Sébastien Tillous-Borde dresse un premier bilan. Dernier avec deux points de retard sur Perpignan (barragiste), le manager de l’USM croit pourtant toujours aussi fort en ses joueurs et attend d’eux qu’ils élèvent encore leur niveau pour réussir le pari de se maintenir en Top 14.
À mi-saison le bilan est d’une seule victoire face à Perpignan et un match nul contre Montpellier. Cette première partie de saison en Top 14 est-elle plus compliquée que ce que vous aviez imaginé ?
(Il soupire). On savait que ça allait être dur, après, comptablement, c’est vrai que ça fait peu de points. En Top 14, le rythme est assez infernal. On le voit même pour les grosses équipes. Tous les week-ends, il y a de gros résultats. Ce n’est pas forcément Montauban, mais Montauban est dans ce lot-là… Bien sûr, on est déçu de ne pas avoir plus de points. On aurait pu avoir plus de points, notamment en début de saison, ou même lors de ce dernier match contre Clermont. On fait de bonnes choses mais on est pris devant, pas forcément dans l’engagement mais sur les ballons portés, et la conquête globalement. C’est un bilan défavorable mais on est toujours en vie. On est à deux points de Perpignan. Il faut qu’on arrive à se resserrer et à faire ce dont on a envie dans le jeu pour arriver à performer et à prendre plus de points sur la deuxième phase.
Vous évoquez le début de saison avec des matchs qui étaient, sur le papier, à votre portée, avez-vous des regrets ?
Oui, bien sûr, il y a des regrets parce qu’au début de saison, on s’est donné les moyens de prendre des points. Ça aurait pu déclencher des choses sans doute plus positives. Maintenant, ça fait partie de notre expérience. On le voit ce week-end encore contre l’ASM, on avait la place pour faire autre chose. Il faut qu’on arrive à se mettre au niveau, mais tous en même temps. C’est ça le plus important, finalement ! On n’arrive pas à être rigoureux sur l’ensemble d’un match et performant dans tous les secteurs en même temps.
Vous dites qu’il faut « se mettre au niveau » mais ne pensez-vous pas que malgré les efforts, certains joueurs sont au maximum de leur capacité ?
Si, sûrement. C’est sûr qu’il y a des joueurs qui sont au maximum, c’est clair et net. C’est la difficulté aujourd’hui. Ce n’est pas évident de faire évoluer les mecs et de passer à un autre cap. On a réussi à monter un petit peu le niveau, mais pas assez pour rivaliser complètement.
Quel est votre plus grande satisfaction et votre plus grosse déception dans ce début de saison ?
Notre satisfaction, c’est sans doute notre jeu qui était plutôt en place. Mais on a surjoué. C’est ce qui ne nous a pas permis de gagner. Depuis, quelques semaines, on est très bons sur nos sorties de camp et nos contests aériens. Notre défense est mieux aussi. En fait, ça varie. On n’est pas assez régulier sur le long terme. Quand on monte d’un niveau sur un secteur, on le descend sur un autre. Donc c’est difficile de cibler une satisfaction et une déception.
Vous parlez souvent d’engagement, pensez-vous que vos joueurs auraient pu faire mieux ?
Il y a eu des matchs où on n’a pas mis assez d’engagement, c’est sûr. Mais sur le dernier match, sincèrement, ils se sont envoyés. Là où on a pêché… Contre Pau à la maison, par exemple, on mène 17-12 à la mi-temps. Et on perd sur des détails. On rate une petite chose, on prend un carton jaune, derrière tu prends des points… Ces détails sont trop importants, à ce niveau, face à ces équipes et ces joueurs de très haut niveau ça ne pardonne pas. C’est ça la grande différence à la Pro D2, tu es puni direct.
Comment comptez-vous garder votre groupe concerné ?
On essaie de rester positif, de changer les choses qui ne vont pas. Il faut leur donner envie sur le terrain. Dialoguer avec les mecs est important pour qu’ils aient envie de se sauver. Il faut que tout le monde ait le même objectif. C’est ça qu’il faut arriver à créer, mais ce n’est jamais facile. On a vécu des moments magnifiques la saison dernière, il faut qu’on soit aussi fort dans les moments plus difficiles.
Avez-vous peur de cette deuxième partie de saison ?
Au pire quoi ? On redescend. C’est une expérience pour ce groupe qui est importante. Ils peuvent encore créer l’exploit de maintenir le club en Top 14. C’est leur histoire, notre histoire. S’ils ont envie de se sauver et de sauver le club, je suis encore sûr à 100 % qu’on peut le faire mais il faut que tout le monde ait envie de la même chose. À eux de voir ce qu’ils ont envie de faire.
Qu’attendez-vous de vos joueurs pour la suite ?
Toujours pareil, un investissement à 200 % dans ce qu’on fait, rester soudés et connectés. On est capable de se maintenir donc j’aimerais que chacun se prenne en main pour monter encore le niveau et faire les efforts nécessaires pour atteindre cet objectif.
En tant qu’entraîneur, quelles leçons avez-vous tirées de ce début de saison ?
La différence de niveau entre la Pro D2 et le Top 14. Chaque détail est important, même si je le savais déjà. La difficulté d’enchaîner autant de matchs. Il faut être prêt à ça et il faut avoir les joueurs prêts pour ça.