Le Caire, Assouan… L’infatigable écrivain voyageur visite les temples d’Abou Simbel et de Philæ. Plus de 100 ans plus tard, Michel Claverie, docteur en médecine de son état, mettra ses pas dans les siens. « En 2023, j’ai vu arriver toutes ces festivités pour le centenaire de la mort de Loti, témoigne Michel Claverie. J’avais déjà programmé ce voyage en Égypte, je suis donc parti avec « La Mort de Philæ » dans ma valise. »

La méthode sténopé permet un effet vintage propice aux récits de voyage de Pierre Loti.
Michel Claverie
Un flou artistique
Le voyageur applique la méthode sténopé en photographie. « Le principe est de ne pas utiliser d’objectif mais de prendre une photo à travers un trou minuscule dans un cache, reprend Michel Claverie. Cela donne un effet particulier un peu vintage, une sorte de flou artistique. » Le photographe amateur qu’il est aime cette technique synonyme de lenteur et de désescalade technologique. « Après les visites avec le guide, je prenais un moment seul à installer mon trépied et à faire les prises de vues. Je trouvais que cela cadrait bien avec l’époque de Pierre Loti qui lui-même pratiquait la photo sur plaques de verre et j’avais vraiment l’impression qu’il avait marché au même endroit que moi une semaine auparavant. Quand j’ai montré mes clichés à Alain Quella-Villéger, historien et spécialiste de l’écrivain, il m’a dit qu’il y avait une correspondance entre les photos et les textes de « La Mort de Philæ ». L’idée est donc venue de les mettre en miroir dans une exposition et un livre qu’il m’a fait l’honneur de préfacer. »

En 1907, Pierre Loti dénonçait déjà la montée des eaux du Nil qui menaçait les temples de Philæ.
Michel Claverie
« J’avais vraiment l’impression qu’il avait marché au même endroit que moi une semaine auparavant »
Un lanceur d’alerte
Le voyage a été l’occasion également de prendre conscience du côté visionnaire de Loti. « Il a alerté sur la montée du Nil en 1907, conclut Michel Claverie. Il était déjà obligé de se promener entre les temples en barque à cause des barrages érigés par les Anglais. Il a donc saisi l’occasion dans ce livre de dénoncer le colonialisme et ses méfaits. Finalement, comme ces temples étaient en danger, la décision a été prise dans les années 1960 de les démonter pierre par pierre et de les remonter dans une île voisine inaccessible au fleuve. C’est ainsi qu’à la tribune de l’Unesco, de grands scientifiques et de grands égyptologues ont cité le nom de Pierre Loti comme lanceur d’alerte ! »
Une souscription et une exposition
« Dernier voyage, un dialogue photographique avec Pierre Loti » est en édition limitée, numérotée et signée par l’auteur actuellement en financement participatif sur la plateforme de l’éditeur Corridor Elephant www.corridorelephant.com/michel-claverie.
L’exposition se tiendra du 9 au 15 janvier de 10 à 19 heures à la salle Aurore, rue Jean-Jaurès, en présence de l’auteur.