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Ce mercredi 7 janvier 2026, plusieurs centaines d’agriculteurs venus de toute l’Occitanie ont tenté d’encercler Toulouse pour dénoncer le protocole sanitaire sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et l’accord Mercosur.

Malgré un froid glacial, près d’une centaine d’agriculteurs ariégeois ont rejoint, ce mercredi 7 janvier, leurs confrères venus de toute l’Occitanie pour intensifier leur mobilisation. Objectif affiché : paralyser Toulouse. Au cœur de la colère, le protocole sanitaire sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi plusieurs points de l’accord de libre-échange avec le Mercosur.

Plusieurs convois de tracteurs ont tenté d’encercler la Ville rose dans le cadre de cette action intersyndicale. En face, la préfecture d’Occitanie a opposé des mesures d’interdiction strictes, appuyées par un dispositif policier conséquent. En fin de journée, les manifestants ont finalement commencé à se disperser, sommés de faire demi-tour sous forte escorte des forces de l’ordre. « Du jamais vu », ont indiqué les responsables syndicaux.

Ce tronçon de l’A61 est resté bloqué toute la journée.

Ce tronçon de l’A61 est resté bloqué toute la journée.
Stéphanie Leborne

Une arrivée sur l’A61… en coupant à travers champs

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Dès l’aube, plusieurs centaines de tracteurs ont convergé vers Toulouse depuis de nombreux départements. Côté Ariège, une cinquantaine d’engins agricoles, issus de la Coordination rurale (CR) 09 et des Jeunes Agriculteurs (JA) des départements 09, 11 et 31, ont pris la route « dès 4 h 30 du matin pour arriver sur l’A61 à 6 h 30 ce mercredi matin – après avoir coupé à travers champs près de Nailloux », souligne Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège.

Positionné sur l’autoroute dans le sens Narbonne-Toulouse, vers la sortie Montgiscard, le cortège a tenté de rejoindre la gare de péage de Toulouse Sud. Mais il a été stoppé net par les forces de l’ordre : deux centaures et une dizaine de camions de CRS se sont déployés face aux agriculteurs, à environ 400 mètres de leur objectif.

En face, la préfecture d’Occitanie a opposé des mesures d’interdiction strictes, appuyées par un dispositif policier conséquent.

En face, la préfecture d’Occitanie a opposé des mesures d’interdiction strictes, appuyées par un dispositif policier conséquent.
Stéphanie Leborne

Résultat, ce tronçon de l’A61 est resté bloqué toute la journée. La Coordination Rurale 09 évoque une conséquence « non voulue » : « Nous voulions seulement fermer une ou deux voies pour décharger nos bennes, sans interrompre la circulation ».

Conducteurs menacés de garde à vue

Après plusieurs tentatives de négociation avec les autorités, le ton est monté. Vers 16 h 45, le préfet de la Haute-Garonne et de Région, Pierre André Durand, a sommé le convoi d’agriculteurs de faire demi-tour. Pour s’en assurer, les manifestants ont été escortés par une dizaine de véhicules de CRS jusqu’à la sortie de Mazères.

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« Au début, nous devions être escortés jusqu’à Mongiscard, mais finalement le préfet a décidé de stopper les négociations, et a demandé au CRS de nous escorter jusqu’à Mazères », confirme Lucas, jeune éleveur ariégeois. Une réponse qui illustre, selon les syndicats, « le peu de considération pour le milieu agricole ». Sébastien Durand s’emporte : « C’est désespérant, le nombre de CRS qu’il y avait aujourd’hui, au moins une centaine ! Ça montre que notre préfet de Région n’a aucune considération pour la profession agricole. »

Au cœur de la colère, le protocole sanitaire sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Au cœur de la colère, le protocole sanitaire sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Stéphanie Leborne

« Une réponse devrait être apportée… dans la nuit »

Même constat pour Kévin Audouy, éleveur bovin et vice-président de la CR 09 : « C’est du jamais vu. On nous a dit aujourd’hui, que chaque benne vidée sur l’autoroute serait considérée comme un délit, que nos tracteurs seraient saisis et les conducteurs placés en garde à vue, explique-t-il. Ils se foutent de nous, nous n’avons aucune réponse à nos questions, à ce qu’on demande, ils ont verrouillé complètement nos revendications, et ça devient n’importe quoi. C’est du jamais vu. »

Sous escorte, le convoi a repris la route, bennes chargées, à 5 km/h en direction de Mazères, pour arriver aux alentours de 19 h 30. À 20 heures, les agriculteurs se retrouvaient chez l’un d’entre eux pour se restaurer et discuter de l’avenir de leur chargement.

Une information que les manifestants n’ont pas souhaité divulguer, mais pour laquelle « une réponse devrait être apportée… dans la nuit », glissent-ils.