Dans la « Déclaration de Paris », les 35 pays membres de la « Coalition des Volontaires » se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à une surveillance du potentiel cessez-le-feu encore lointain avec la Russie. Si pour le moment l’accord de paix avec Moscou est toujours très hypothétique, la déclaration « reconnaît pour la première fois » une « convergence opérationnelle » entre la Coalition, l’Ukraine et les Etats-Unis, avec des garanties de sécurité « robustes » pour éviter une « reddition ukrainienne » et une « menace nouvelle » pour le pays, a salué le président français, Emmanuel Macron.
Selon lui, une force multinationale devrait être déployée sur terre, dans les airs et en mer, « loin de la ligne de contact », dès qu’un cessez-le-feu serait conclu. Emmanuel Macron assure par ailleurs que « plusieurs milliers » de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a également évoqué une intervention des forces armées britanniques. Il a déclaré que l’objectif était de « sécuriser l’espace aérien et maritime ukrainien et de reconstruire les forces armées ukrainiennes pour l’avenir ».
Les troupes étrangères devraient aider à la régénération de l’armée ukrainienne et contribuer à la dissuasion. D’autres alliés souhaitent également envoyer leurs unités en Ukraine.
L’Allemagne agira, mais pas directement sur le sol ukrainien
Si Berlin se montre moins réservé sur le sujet, les autorités allemandes restent tout de même prudentes. « L’Allemagne continuera à s’engager politiquement, financièrement et aussi militairement », a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz, tout en soulignant que la perspective d’un éventuel déploiement de soldats de la Bundeswehr, l’armée allemande, dans le cadre d’une force internationale en Ukraine était encore vague. La condition préalable à cela serait un accord avec la Russie sur un cessez-le-feu.
Friedrich Merz assure que l’Allemagne est prête à participer aux garanties de sécurité mais la forme que cela prendra n’est pas encore déterminée.Image : Yoan Valat/Pool/REUTERS
Si l’Allemagne est prête à participer, « la forme que cela prendra n’est pas encore déterminée, car l’ensemble des garanties de sécurité n’a pas encore été discuté de manière définitive », a déclaré le chancelier.
Friedrich Merz ne devrait faire de proposition au Bundestag qu’une fois qu’un cessez-le-feu aura été conclu et que la coalition se sera mise d’accord sur une approche commune.
Depuis l’année dernière, une brigade blindée de la Bundeswehr est stationnée en Lituanie. Ses effectifs devraient atteindre 5 000 hommes d’ici 2027. Dans les pays baltes, en Pologne et en Roumanie, des avions de combat allemands participent également à la surveillance de l’espace aérien.
Selon le chancelier, les forces allemandes qui seraient chargées de garantir le cessez-le-feu ne seraient pas stationnées sur le territoire Ukrainien même, mais dans un pays voisin membre de l’Otan.
Les pays de l’Otan limitrophes de l’Ukraine étant la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie, ces pays pourraient donc être envisagés comme lieux d’intervention.
Les forces allemandes qui seraient chargées de garantir le cessez-le-feu en Ukraine ne seraient pas stationnées sur le territoire Ukrainien même selon le chancelier.Image : Michael Bihlmayer/Bihlmayerfotografie/IMAGO
Le gouvernement fédéral et le Bundestag devront décider de la nature et de l’ampleur de la contribution allemande dès que les conditions auront été clarifiées selon Friedrich Merz.
À Paris, le chancelier a appelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à veiller à ce que les jeunes Ukrainiens « se mettent au service d’une Ukraine sûre et en voie de redressement économique, au lieu de partir pour l’Allemagne, la Pologne ou la France, comme c’est le cas actuellement ».
Encore des points à éclaircir
Alors que plusieurs questions ne sont toujours pas résolues, les négociateurs devraient poursuivre les discussions. L’une de ces questions porte sur le retrait complet de l’Ukraine des régions de Donetsk et Lougansk, dans l’est du pays, comme l’exige Moscou. Les États-Unis font pression sur Kiev, affirmant que sans cela, la paix avec la Russie ne pourra être atteinte.