Par
Cédric Nithard
Publié le
7 janv. 2026 à 17h05
En juillet dernier, la Métropole de Montpellier a confié la gestion de l’usine de méthanisation Ametyst à Urbaser avec la perspective de développer une chaudière CSR (Combustibles solides de récupération) d’ici fin 2029. Une orientation qui a fait débat et ne manquera pas d’être au coeur de la campagne des municipales à Montpellier. En ce début janvier, Isabelle Perrein, candidate pour la liste Aimer Montpellier, clarifie sa position contre le CSR.
« Ce choix est celui de la facilité »
En juillet dernier, lors de la présentation de son programme et de la partie consacrée aux déchets en s’inspirant de l’exemple de San Francisco, Isabelle Perrein avait annoncé son intention de ne pas voir le CSR implanter à la place de l’usine de méthanisation Ametyst. « Il est hors de question de mettre un incinérateur en plein milieu d’une zone habitée par plus de 10 000 personnes. C’est un non sens » avait-elle observé non sans toutefois rejeter cette solution pour les déchets ultimes. « Mon engagement sera déjà de discuter avec les autres collectivités pour mutualiser un incinérateur et si ce n’est pas possible, on l’installera à l’endroit du territoire où ce sera le moins impactant pour la population » prévoyait alors la candidate. Aujourd’hui, sa position a nettement évolué. « Je suis clairement opposé au CSR. Ce choix est celui de la facilité, pas celui de l’avenir » annonce-t-elle.
La problématique de l’exportation des déchets ultimes de la Métropole de Montpellier étant connue, Isabelle Perrein détaille les chiffres. « Chaque année, la métropole produit 120 000 tonnes de déchets. Dans ce volume, 30 000 tonnes sont des biodéchets qui pourraient — et devraient — être triés à la source, méthanisés et compostés. Ce compost, loin d’être un déchet, serait une ressource précieuse, valorisable et vendable à nos agriculteurs, qui en ont cruellement besoin. Sur les 90 000 tonnes restantes, près de 80% sont recyclables. Cela signifie une chose simple : le problème n’est pas technique, il est politique » juge-t-elle.
Une taxe incitative
Ainsi, si elle est élue en mars prochain, Isabelle Perrein entend « mettre en place une politique de tri ambitieuse et exigeante » qui impliquerait deux exigences. « Chaque Montpelliérain doit avoir à quelques mètres de chez lui l’ensemble des colonnes ou bacs de tri nécessaires » d’une part et d’autre part de « responsabiliser et récompenser : plus tu tries, moins tu paies, grâce à une taxe incitative juste et lisible ».
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Selon la candidate de la liste Aimer Montpellier, « avec une telle politique et la bonne volonté des Métropolitains, nos déchets ultimes pourraient être ramenés à environ 20 000 tonnes. Ces volumes résiduels pourraient alors être incinérés en périphérie de la métropole (Sète, Lunel ou Perpignan), sans construire de nouvelles usines polluantes ni enfermer Montpellier dans une dépendance industrielle absurde ».
Estimant enfin que « la majorité actuelle n’a rien mis en place en six ans », Isabelle Perrein estime que « le CSR n’est pas une solution écologique : c’est l’aveu d’un échec. Montpellier mérite mieux que de brûler ce qu’elle est incapable de trier » et affirme : « Moi, je choisis le tri, le bon sens et la responsabilité ».
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