Quelques heures à peine après leur prise de service ce mercredi 7 janvier, l’ensemble des conducteurs de bus de la région Île-de-France sont rentrés au dépôt. «La sécurité avant tout», martèle l’autorité organisatrice des transports de la région.

«Attention : tous les bus sont actuellement en train de rentrer dans leurs dépôts, ils ne circulent plus». L’alerte, lancée ce mercredi matin par Île-de-France Mobilités (IDFM) sur ses réseaux sociaux, a le mérite de la clarté. Cette décision exceptionnelle, qui immobilise 10.000 bus circulant sur 1900 lignes, va de pair avec des conditions climatiques qui le sont tout autant, alors que 3 à 7 centimètres de neige tombent sur le territoire ce mercredi, selon Météo France.

Reste que le choix de mettre à l’arrêt l’ensemble du réseau de bus de la région peut surprendre, alors qu’en début d’après-midi, plus aucun bus ne circulait sur le territoire, de Paris à la grande couronne. Une décision assumée par IDFM. «Dès 7h du matin, en raison du risque que cela représentait pour la sécurité des conducteurs et des usagers, les transporteurs ont pris la décision de faire rentrer progressivement les bus aux dépôts avant que les conditions de circulation ne soient trop dangereuses», explique-t-on au sein de l’autorité organisatrice des transports en commun. De son côté, le ministre des Transports Philippe Tabarot soulignait sur BFMTV que dès lors que l’épaisseur de la neige au sol dépassait 3 centimètres, il n’était «plus possible» pour les bus franciliens de circuler. «C’est la raison pour laquelle on a décidé, en cours de journée, de stopper les bus et de les renvoyer au dépôt», a-t-il expliqué.


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RATP, Transdev, Keolis et Lacroix Savac… Tous les opérateurs de la région se sont ainsi mis en ordre de marche, en attendant l’ordre de reprendre la route. Cette décision n’a pas été prise à la légère : un peu plus tôt, tous avaient réalisé des «visites de reconnaissance» sur le terrain afin de vérifier «secteur par secteur» que les conditions de sécurité étaient réunies pour mettre les véhicules en marche. «Dès qu’on a vu que la neige tenait et qu’il y avait un risque pour la circulation, on a prévenu IDFM et retiré nos bus. Tout comme on l’avait fait lundi à partir de 16h», explique-t-on à la RATP. Et de préciser le protocole mis en place : «La RATP peut être amenée à suspendre ou arrêter progressivement l’exploitation d’une partie ou de l’ensemble des lignes bus exploitées, jusqu’au rétablissement de conditions de circulation sécurisées ou de mettre en place des déviations d’itinéraires lorsque certains secteurs deviennent impraticables».

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Une reprise possible en début d’après-midi

En outre, la RATP rappelle que ses bus – dont certains sont articulés – «pèsent jusqu’à 10 tonnes» et «rencontrent davantage de difficultés pour circuler et manœuvrer sur des chaussées enneigées ou glissantes». Ils auraient même pu provoquer, en cas de problème, «un blocage des routes». «La sécurité avant tout», martèle IDFM.

À 14h30, IDFM annonçait la «reprise […] de certaines lignes de bus» de la région. Mais celle-ci sera «progressive». En tout état de cause, la situation sera scrutée de près tout au long de la journée, en fonction des opérations de salage et de déblaiement réalisées par les collectivités, ainsi que de la fonte de la neige. «Chaque opérateur va vérifier ce qu’il se passe sur le terrain et on ne redémarrera que si on peut fonctionner en sécurité, et ce, ligne par ligne», poursuit-on chez IDFM. Seule certitude, le transport scolaire suspendu par arrêté préfectoral le reste «jusqu’à nouvel ordre».

Les bus ne sont pas les seuls véhicules à éviter de circuler. Côté autoroutes, la Sanef recommande toujours «de reporter tous les déplacements non strictement nécessaires». Une recommandation visiblement bien respectée ce matin par les automobilistes, qui reste en vigueur en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Île-de-France «jusqu’à la levée progressive de l’alerte», selon la société. Les conducteurs contraints de prendre la route sont ainsi «invités à la plus grande vigilance et à s’informer sur les conditions de circulation». De fait, IDFM conseille toujours à tous les voyageurs «de vérifier le fonctionnement de leurs lignes de transport avant de quitter leur domicile». Et d’assurer que «toutes les informations sont mises à jour en temps réel sur les applications de mobilités et les comptes X des lignes».