La maire sortante de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a présenté mercredi 7 janvier une douzaine de mesures qu’elle se propose de mettre en œuvre lors d’un second mandat. Certaines s’inscrivent dans la continuité de l’action municipale des Écologistes, d’autres sont issues des ateliers citoyens et des formations politiques.
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Pierre France
Publié le 7 janvier 2026 ·
Imprimé le 8 janvier 2026 à 02h12 ·
Modifié le 7 janvier 2026 ·
4 minutes
Il est toujours étonnant de constater à quel point les plateformes participatives de création des programmes proposent des mesures pile dans les projets des candidats. Ainsi, après le travail de quatre « agoras citoyennes » fréquentées par 250 personnes, Jeanne Barseghian, la maire sortante de Strasbourg (Les Écologistes) et candidate à sa réélection, propose de créer une « plaine festive » à la Meinau, pour accueillir de grands événements culturels ou sportifs.
Cette annonce a été faite lors d’une présentation de douze premières mesures en cas de victoire électorale écologiste, mercredi 7 janvier au local de campagne de Jeanne Barseghian dans le quartier Gare. Mais ce projet de « plaine festive », à la place des ateliers de la collectivité plaine des Bouchers, est déjà mis en œuvre depuis plusieurs mois. Le site doit notamment accueillir en 2027 la Foire Saint-Jean, devenue itinérante depuis l’urbanisation du quartier Archipel.
Douze premières mesures de Jeanne Barseghian
La liste des mesures, telles que présentées par l’équipe de campagne de la liste écologiste et citoyenne.
- Encadrer les loyers pour mieux se loger et faire vivre les commerces. Garantir des loyers abordables pour les logements et les commerces afin de préserver leur diversité.
- Garantir le droit aux vacances pour toutes et tous. Permettre de partir en vacances, pour la santé, le lien social et l’égalité des chances.
- Des bus 24h/24h, tous les jours. Un réseau de bus de nuit toute la semaine, pour travailler, sortir et pouvoir rentrer chez soi à toute heure.
- Créer une grande plaine festive à la Meinau. Un lieu dédié pour accueillir festivals, foires et grands événements.
- Ouvrir des cantines de quartier. Des repas à petit prix dans des lieux de proximité pour permettre l’accès à une alimentation abordable et de qualité et favoriser les rencontres.
- Développer le stationnement vélo sécurisé. Des parkings vélos sûrs dans tous les quartiers et près des grands pôles, pour lutter contre le vol et encourager les mobilités actives.
- Créer une médiathèque au Port-du-Rhin avec une dimension franco-allemande. Un nouvel équipement culturel, transfrontalier, pour renforcer l’accès à la lecture et la démocratie culturelle.
- Mettre en place un conseil des aîné·es. Associer les personnes âgées aux décisions qui les concernent, penser la ville face au vieillissement de la population et s’assurer qu’elles ne soient pas oubliées des décisions.
- Élargir la tarification progressive pour le stationnement résident. Un abonnement à partir de 5€ par mois pour les ménages modestes (au lieu de 15€ minimum).
- Un dispensaire municipal pour les animaux. Des soins vétérinaires accessibles quels que soient les revenus, pour lutter contre l’abandon et les mauvais traitements.
- Du sport encadré en accès libre dans les parcs. Des activités sportives accessibles en plein air, pour la santé, le bien-être et le lien social, encadrées par des coachs sportifs financés par la Ville.
- Accélérer la végétalisation de la ville. De nouveaux parcs, des rues plus vertes et plus fraîches, pour adapter Strasbourg au changement climatique.
Avec des propositions comme la plaine festive, la végétalisation, des parkings vélos ou un tarif plus bas pour le stationnement en voirie, Jeanne Barseghian s’inscrit dans la continuité de la politique qu’elle mène depuis 2020. « L’ambition n’a pas changé », a confirmé la maire sortante :
« Quand on parle d’une ville « juste et vivante », c’est une ville abordable qui prend en compte le respect des enjeux climatiques et de la biodiversité. Mais c’est aussi une ville dynamique, ouverte sur le monde et riche de sa diversité. »
L’occasion pour Syamak Agha Babaei, premier adjoint aux finances, de rappeler que si l’encourt de la dette de la Ville s’était particulièrement alourdi lors du premier mandat, c’était pour « rattraper un retard d’investissement » :
« Nous nous étions engagés en 2020 à contracter un « grand emprunt de la transition écologique et sociale » afin d’améliorer les équipements et les services publics. Et c’est ce que nous avons fait. Par exemple, nous avons pu rénover les bâtiments publics, ce qui apporte trois millions euros d’économies d’énergie chaque année. Nous maîtrisons l’encourt de la dette. »
Quant à l’encadrement des loyers, la mesure n’a pas pu être mise en œuvre à Strasbourg malgré une délibération en ce sens de 2022. Elle devait disposer d’un observatoire des loyers, qui a été mis en place mais trop tard pour profiter de l’expérimentation, qui doit se terminer en novembre 2026. Jeanne Barseghian assure que les parlementaires écologistes déposeront une proposition de loi en février pour que ce dispositif soit pérennisé et étendu aux loyers des baux commerciaux.
Parmi les mesures nouvelles, on peut noter le soutien aux cantines de quartier, même s’il arrive un peu tard puisque de telles initiatives ont disparu après plusieurs années d’existence, comme Table et Culture à Hautepierre et Mosaïque au Neuhof. Citons également la proposition de soutenir financièrement les familles les plus modestes pour qu’elles puissent partir en vacances, une mesure qui s’est imposée dans le programme de Jeanne Barseghian via le jeune parti Debout !, créé par François Ruffin. « Plus de 40% des Français ne partent pas en vacances, a précisé Camille Min Fournier, le candidat et référent de Debout ! dans le Bas-Rhin. Nous nous appuierons sur les structures d’éducation populaire pour que les enfants de Strasbourg puissent connaître cette “vie large” selon le mot de Jean Jaurès. »